Woodstock : la voix d’une génération

 Face à la musique 

La première fois que j’ai réellement entendu parler du célèbre festival de Woodstock, c’était en 1989, alors que celui-ci fêtait déjà ses vingt ans ! Il est tout de même incroyable de constater le statut de légende que cet événement a atteint au cours des décennies. Bien que cette année, les efforts pour célébrer le cinquantième anniversaire aient échoué, la notoriété de l’édition 1969 est toujours, elle, bien vivante. Si Woodstock 1994 a connu un succès non-négligeable, il ne peut cependant pas rivaliser avec la première édition.

woodstock

En 1969, le rock est à point charnière : les Beatles, qui avaient déjà quitté la scène en 1966, sont sur le point de se séparer définitivement. Les Stones congédient leur membre fondateur, Brian Jones, qui sera par la suite retrouvé mort dans sa piscine moins d’un mois plus tard. Si de son côté, Elvis effectuait un retour en force, il y avait toutefois de bonnes raisons de se questionner sur l’avenir des géants du rock. Cependant, la relève des deux côtés de l’Atlantique sera assurée avec les Jimi Hendrix, Grateful Dead, Santana, CCR, Janis Joplin, The Who, Richie Havens, Jefferson Airplane, Joe Cocker et plusieurs autres.

C’est donc du 15 au 17 août 1969 qu’auront lieu trois jours d’amour, de paix et de musique, comme le dira l’affiche du festival, à White Lake, à environ 75 kilomètres de Woodstock, dans l’état de New York. Conçu pour accueillir environ 50 000 personnes, les promoteurs sont pris par surprise (et de panique, j’en suis certain) alors que c’est près de 500 000 personnes qui se pointeront sur le site du concert. Un « beau problème », qu’on serait portés à se dire. Par contre, personne ne s’attendait à l’embouteillage monstre, ni à la pluie, qui n’empêchera pourtant pas les spectateurs de s’en donner à cœur  joie dans la boue.

Parmi les moments mémorables, notons le solo de guitare de Jimi Hendrix lors de son interprétation du « Star Spangled Banner » (hymne national américain), la prestation du jeune Carlos Santana avec son batteur alors seulement âgé de vingt ans qui livrera un solo à couper le souffle. D’autres artistes de gros calibre ont aussi montré leur savoir-faire, tels que Crosby, Stills, Nash & Young, Ten Years After, Sly & the Family Stone, Janis Joplin, Canned Heat, Grateful Dead et bien d’autres. Sans le savoir, la foule présente assistait à un moment historique du rock.

Ce qui fera de Woodstock un événement phare, c’est sa pureté dans son art. En effet, en 1969, le rock était encore un produit relativement jeune et qui n’avait pas encore d’étiquette comme de nos jours. Il n’y avait que la musique et en bout de ligne, c’est ce qui comptait. L’ouverture d’esprit était au rendez-vous et il semblait que pour un bref instant, la musique rassemblerait le monde entier dans une harmonie quasi-parfaite.

Bien que Woodstock n’ait pas été le premier festival à marquer une génération (le Monterey Pop Festival en 1967 avait pavé la voie), il demeure néanmoins celui qui obtiendra la plus grande notoriété. D’autres festivals ont suivi, mais aucun n’a pu avoir un impact comparable à Woodstock. Tenter de recréer celui-ci pourrait s’avérer être futile…

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