Vivre longtemps devrait être enviable

Étranglées par l’obligation d’ouvrir murs et plafonds pour installer des gicleurs, 400 résidences de taille moyenne, construites près « de leur monde », appréciées et d’un prix accessible, ont fermé depuis 2014.

Récemment, deux personnes atteintes d’une maladie qui leur rend la vie insupportable ont demandé l’aide médicale à mourir. Elle leur a été refusée.

On peut se demander si l’État a les ressources nécessaires pour un accompagnement respectueux de la dignité de la personne, et si tous les citoyens, aptes et inaptes, sont égaux devant les décisions de fin de vie.

D’autre part, dans une résidence luxueuse, une dame de 95 ans éprouve un malaise. Elle sonne à 19 h. On ne vient pas. Elle décède à l’hôpital 2 heures plus tard. On licencie l’employée et on parle de fermer l’établissement.

Prendre plaisir à manger, c’est prendre goût à la vie

Au fil des ans, à force de manger seuls, les vieux ont moins de motivation pour cuisiner et de plaisir à manger…et leurs dents ont le même âge qu’eux. Le nouveau guide alimentaire vient semer un doute affreux dans leur esprit. Le lait – jadis si bon pour leurs vieux os, disait-on – y est totalement balayé au profit de produits qui demandent plus de préparation, de mastication et de vaisselle à laver.

Le lait est – était – un aliment complet. Les personnes âgées s’en trouvaient bien. À l’heure du souper ou en soirée, elles se mitonnaient un bon petit bol de gruau dans du lait ou un « miton » de petits fruits et de crème agrémentés d’une petite cuillérée de sirop d’érable. C’était à leur goût, vite fait, économique…et ça ne salissait pas trop de vaisselle.

Pour manger, il faut avoir faim

On est plus motivé à cuisiner quand « il y a de la visite » …les aînés doivent continuer à s’activer et
entretenir des relations.

Les personnes âgées qui font peu d’exercice ont moins d’appétit…et n’ont sans doute pas très envie de faire à manger et de salir des plats ; le comptoir et l’évier remplis de plats sales étant très démotivants. Toutefois leur besoin en protéines est encore élevé.

Afin de rester indépendants, les aînés ont besoin de trouver, avec aide si nécessaire, les activités qui feront en sorte qu’elles trouveront l’énergie de ne pas s’isoler. Continuer à interagir avec d’autres personnes les fera consommer les protéines dont elles ont besoin, brûler leurs calories et surmonter leurs propres limites.

Encourageons nos producteurs de lait

Le lait n’est plus considéré comme un aliment essentiel comme jadis quand les aliments disponibles l’hiver étaient limités. Il l’est encore aux bébés, aux jeunes enfants mais il est toujours précieux pour les personnes âgées et très âgées qui aiment le consommer ; il est dans leurs moyens et ils connaissent mille façons de l’apprêter.

Ce nouvel étiquetage des qualités nutritives du lait a été un dur coup pour nos producteurs laitiers. Rappelons-nous que nos fermes sont fort précieuses.

On a tort de prendre nos champs et nos prés pour acquis. Une ferme, laitière ou autre est une lourde tâche qui commence à manquer de relève. Or on fait la vie difficile aux fermiers ; des tracasseries administratives les éloignent de leur tâche pendant que convoitées par les étrangers, nos belles fermes se vident dangereusement de jeunes agriculteurs. Ce n’est pas le temps de les laisser tomber.

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