Pâques au Liban

Dans le contexte libanais, il n’est pas facile de distinguer dans chaque fête la part du sacré de celle du spirituel, du social, du politique ou de l’économique, celle du spontané de l’institué. Cependant, la fête au Cœur de la famille constitue une structure anthropologique.

Pâques est l’occasion de nombreuses coutumes, plus ou moins connues et répandues.

Au Liban, la tradition veut par exemple que l’on ne mange aucune viande la semaine précédant Pâques.

Par ailleurs, l’on prépare des maamouls pour l’occasion. Ces gâteaux semi-secs fourrés aux dattes, noix ou pistaches sont de pures merveilles. Les goûter, c’est tomber sous leur charme.

Enfin, il faut savoir que la tradition libanaise se passe de chasse aux œufs. À la place, ce sont des « parties d’œufs » qui sont organisées. Les œufs sont ainsi frappés les uns contre les autres. Le dernier à rester intact est le vainqueur !

La tradition des sept églises

Le jeudi Saint, les chrétiens libanais effectuent la « tournée des sept églises », une tradition qui a traversé les siècles.Celle-ci veut que les croyants se rendent dans sept lieux de culte, puis assistent à une messe pendant laquelle le prêtre commémore l’épisode au cours duquel Jésus s’est abaissé pour laver les pieds de ses disciples en nettoyant les pieds de 12 personnes présentes.

La Semaine Sainte est l’occasion pour les croyants de se réunir lors de processions à l’intérieur des églises ou à l’extérieur, aussi bien dans les villes que dans les villages. À Pâques, les fidèles se saluent par « Christ est ressuscité » à quoi l’interlocuteur répond « Il est vraiment ressuscité », conformément à la tradition des communautés chrétiennes d’Orient.

Une fête catholique et orthodoxe

Les fêtes de Pâques, qui marquent la fin du carême et la résurrection de Jésus, sont aussi bien célébrées par les catholiques que les orthodoxes, mais à des dates différentes. Cette année, la pâque catholique tombe ainsi le dimanche 21 avril tandis que la Pâques orthodoxe sera célébrée le dimanche 28 avril.

Cette discordance calendaire trouve sa source dans l’adoption, par les orthodoxes, du calendrier grégorien, qui diffère du calendrier julien, communément utilisé.

Dimanche n’est pas un jour comme les autres. Le rassemblement dominical est largement observé en famille restreinte (parents-enfants) et en famille élargie (grands-parents, oncles, tantes, cousins et cousines). Face à la banalisation croissante, le dimanche au Liban est le jour de Dieu et le jour de la famille. C’est le repos mérité ou la trêve du travail qui rééquilibre la vie en famille. C’est le lieu de vie où les retrouvailles, les repas de convivialité, les visites auprès des proches parents, des voisins, des amis et des malades donnent un sens à la solidarité. Bref, il est vécu comme un temps de douceur, de sérénité, de pratique des loisirs qui font recharger les batteries en famille. Au Liban, la famille reste le lieu le mieux soudé malgré les agressions de la globalisation, les moyens de télécommunications et les évènements tragiques que connaissent le Liban et le Proche-Orient. Nous vivons encore bien ensemble malgré le phénomène migratoire grandissant. Des pâtisseries appropriées sont partagées entre parents et voisins.

Le synonyme de Pâques, au Liban et en Orient, est dénommé « la grande fête-al eid al kabir ». Toute la famille est présente à la fête en grande tenue. Après la liturgie propre et la vénération de la croix du ressuscité enveloppée d’un ruban blanc rappelant le linceul du tombeau et les langes de la nativité, avec les souhaits de la fête on offre des œufs de chocolat en forme. Au repas festif, rassemblant toute la famille et proches, sont présents les œufs coloriés faisant l’objet d’une bataille pour briser l’œuf du voisin. À la fin du repas, on sert une pâtisserie appropriée le « ma’amoul ».

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