Nouveau pont Gouin Le projet L’Ange des 2 rives sera-t-il réalisé ?

L’artiste de renom Éric Nado pourrait réaliser une oeuvre commémorative à partir de pièces métalliques de l’ancien pont Gouin, une fois qu’il sera démoli. Mais le processus est long. En 2017, l’artiste a passé une première étape auprès de la Ville de Saint-Jean soit la présentation et l’acceptation d’une maquette portant le titre provisoire L’Ange des 2 rives. Depuis, Nado a beaucoup réfléchi à ce futur projet, même si à ce jour, aucune entente officielle n’a encore été signée.

Le jeudi 27 juin dernier, nous avons fait le point avec M. Nado à ce sujet. «Ce projet  implique plusieurs acteurs dont les principaux sont Parcs Canada, le MTQ et la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu. C’est la Ville qui doit récupérer les 2 pièces d’engrenage pour ensuite les entreposer jusqu’à ce que je puisse en faire usage. C’est un projet qui comporte beaucoup d’imprévus. Même l’emplacement de l’oeuvre n’est pas clair », a-t-il expliqué. En effet, Benoit Fortin, directeur du service des infrastructures et de la gestion des eaux à la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, abonde en ce sens :« Présentement, le défi est de trouver un emplacement pour l’oeuvre. Différents scénarios sont possibles. Est-ce que ce sera dans le cadre du réaménagement de la promenade du quai ou sous forme de placette commémorative sur un terrain qui appartient à la Ville, qui sait. Il s’agit de trouver la meilleure option.»

Parcs Canada

Il semble que l’installation d’une œuvre monumentale commémorant l’actuel pont Gouin sur la jetée amont du Canal-de-Chambly a fait l’objet de nombreux échanges entre Parcs Canada et la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu. L’Agence a été informée du choix de l’œuvre et de l’emplacement proposé une fois le processus bien avancé. «Après avoir pris en considération la grosseur du monument et les besoins et contraintes liés à l’opération et à l’entretien du canal et des structures qui le composent, Parcs Canada a indiqué à la Ville que le site proposé n’était pas un emplacement propice à l’installation d’une œuvre d’art. En tant que gestionnaire du lieu historique national du Canal-de-Chambly, Parcs Canada a pour mandat de protéger et de mettre en valeur ce site patrimonial de manière à en assurer son intégrité pour les générations d’aujourd’hui et de demain. Au quotidien, cela signifie d’offrir une expérience de visite sécuritaire et de qualité, d’opérer la navigation, de même que d’entretenir et d’améliorer les actifs du canal de Chambly. Parcs Canada souhaite poursuivre les démarches en collaboration avec la Ville, et ce dans le respect de son mandat », nous apprend Marie-Ève Francoeur, gestionnaire par intérim, relations externes, voies navigables au Québec, Parcs Canada. 

Ministère des Transports du Québec

«À ce jour, la mise en service du nouveau pont Gouin est prévue pour la fin de l’été 2019. Une fois le nouveau pont ouvert, le démantèlement suivra. Il est encore trop tôt pour préciser de date de fin des travaux; celle-ci peut-être sujette à certains changements selon les séquences de travaux, et les contraintes opérationnelles ou tout autres imprévus pouvant survenir au cours du chantier. Toutefois, le chantier progresse bien : l’échéancier global de l’ensemble du projet (incluant la démolition de l’actuel pont) est toujours respecté soit une fin des travaux au plus tard en 2020. Le coût total du projet est 126,3 millions de dollars, et la contribution du gouvernement du Québec s’élèvera à 94,3 millions. Par l’intermédiaire du Fonds Chantiers Canada, le gouvernement du Canada fournit au maximum 18,6 millions de dollars pour ce projet. La Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu contribue à hauteur de 26 millions de dollars pour des aménagements particuliers sur le nouveau pont et des travaux sur son réseau routier», a précisé Josée Séguin, Direction générale de la Montérégie du Ministère des Transports du Québec.

Cependant, le MTQ n’a pas été en mesure de nous en dire plus sur l’avancement des travaux restants au pont et aux approches du pont. Les deux nouvelles structures (pont fixe et mobile) sont érigées, mais il reste encore des travaux à effectuer (trottoirs, bordures, ajustement au mécanisme…).

«Quelle partie représente l’âme du pont? Les engrenages.»

Nado qui est né en Montérégie et a habité Saint-Jean pendant 8 ans, poursuit: «Vous savez, il est trop tôt pour parler de plan technique, mais ça viendra j’espère. C’est un travail que je vais devoir faire de concert avec un ingénieur. Pas tant créatif, mais c’est beaucoup de coordination de machinerie lourde. Mon but est de faire travailler des entreprises locales. Mais je suis prêt dans ma tête depuis longtemps. Je n’attends que le OK. La collaboration avec la Ville est bonne. Il y a deux semaines, un représentant municipal m’a convoqué pour savoir où couper la structure, de façon à conserver les engrenages du pont à bascule.»

L’oeuvre prévoit aussi des plaques commémoratives retraçant certaines grandes dates de l’histoire du «vieux» pont, et pourrait constituer une attraction patrimoniale et artistique supplémentaire pour la Ville. «Les citoyens vont se reconnaître et se souvenir en la contemplant, les touristes également. Ce minimalisme industriel sera un rappel de la riche histoire industrielle de Saint-Jean. Prendre les morceaux d’un pont historique et en faire une oeuvre contemporaine, c’est un défi excitant!», mentionne l’artiste qui a étudié en arts et en soudage. L’année 1998 marque le début officiel de sa carrière d’artiste en sculpture assemblage, lui qui pendant longtemps, a exercé comme intervenant communautaire en santé mentale. Ceux qui le connaissent savent que le métal occupe une place de choix dans son oeuvre. Sans oublier les aspects recyclage et histoire qui lui confèrent tout son sens. Pour donner une idée de son travail, Nado désassemble des machines à coudre, des machines à écrire et plus récemment des appareils-photos et des outils antiques pour en créer de nouvelles. Dont plusieurs grandeurs nature. Le résultat final est absolument… renversant! Il faut voir ces armées de couturières, robots, et autres mitra-lettres, témoins du passé mais résolument ancrées dans le présent (http://ericnado.com).

Exposition à Saint-Jean-sur-Richelieu cet automne

«Avec Selfieman, mon oeuvre-vedette qui sera présentée lors d’une importante exposition à la galerie du Vieux-Saint-Jean et dont le vernissage est le 5 octobre prochain, je vais traiter de la dualité action-contemplation», dévoile Nado enthousiaste qui à cette occasion présentera aussi sa nouvelle série appelée Les Chanteuses. Rappelons que la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu et la Commission scolaire des Hautes-Rivières ont acquis des sculptures d’Éric Nado et que celui-ci est représenté et vendu en galeries à Montréal et en Californie depuis 2013. Quant au pont, il a été nommé en l’honneur de Lomer Gouin, premier ministre du Québec de 1905 à 1920.

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