L’humilité

L’humilité est généralement considérée comme le trait de caractère d’un individu qui se voit de façon réaliste. L’humilité s’oppose à toutes les visions déformées de soi-même comme l’orgueil, le narcissisme, ou le dégoût de soi.

L’humilité n’est pas une qualité naturelle mais elle va de pair avec une maturité affective et spirituelle. La vraie humilité permet de réussir pleinement sa vie. Contrairement à ce qu’on en pense, elle n’a rien à voir avec cette gêne caractérisée par la crainte de s’affirmer. Autrement dit, les gens qui font tout pour passer inaperçus ne sont pas humbles mais orgueilleux. La véritable humilité provient d’une juste perception de soi et produit une capacité d’assumer ses forces et ses faiblesses. Conscient de ce qu’il est réellement, l’humble n’est pas continuellement occupé à se défendre car le fait d’être lui-même lui procure une grande assurance dans la vie.

Nous vivons dans un monde de « jeunes lions ». Nous vivons un siècle de battants ; c’est l’esprit de conquête. Que ce soit dans le domaine politique, dans le domaine de l’économie, dans le domaine militaire, dans le domaine scientifique. Il y a une incroyable rivalité dans le domaine scientifique, c’est à celui qui va recevoir le prix Nobel… Également dans le domaine médical, c’est incroyable le nombre de courses à la rivalité entre les spécialistes de la médecine. C’est incroyable le monde sous-jacent de rivalité, de battants. Nous retrouvons un peu cela partout. C’est la lutte à mort pour aller de l’avant. Cela se retrouve sur notre lieu de travail ; si on peut écraser quelqu’un pour passer, on n’hésitera pas à le faire. Dans les bus, les tramways, les jeunes sont assis et les vieux sont debouts. Le résultat, c’est que nous avons enfanté, ou plutôt la génération qui nous a précédés, nous avons engendré une société de battants.

L’humilité est la qualité qui s’oppose à l’orgueil, la suffisance, l’arrogance. Elle n’est pas une vertu pour tous ceux qui considèrent qu’il n’y a sur Terre que deux catégories de gens : les forts et les faibles, et qui se placent bien entendu dans les forts. Ces gens là sont imbus d’eux-mêmes, capables d’éliminer les autres pour satisfaire leur ego. Pour eux, admettre ses limites et reconnaître ses erreurs, est une faiblesse. Ils voient les choses à l’envers.

La personne humble est au contraire, grande intérieurement. Elle reconnaît ses limites et ses fragilités, mais ne se déprécie pas, ne se dévalorise pas. Elle sait qui elle est, simplement, sans illusions, ayant fait le tour de ses qualités et de ses défauts. Cela lui permet de mieux vivre, d’être en paix à l’intérieur. Elle se place au même niveau que les autres. Les autres le sentent et lui en sont reconnaissants, même s’ils ne lui disent pas.

« Et rien de plus important dans la sagesse, que d’accepter sa propre fragilité, c’est ce qu’on appelle : l’humilité. » André Comte de Sponville

L’humilité est souvent le fruit de la traversée d’épreuves (maladie, échec, chômage), car nous sommes alors confrontés à nos limites, à notre faiblesse, bref à notre dimension humaine. Et ça fait mal. Notre idéal de nous-mêmes, placé jusqu’alors sur un piédestal, en prend un sacré coup. Nous nous sentons perdus, petits, vulnérables, impuissants, mais c’est salutaire. Les orgueilleux ne vivent que dans l’illusion qu’ils sont de petits dieux.

L’homme humble reconnaît ses erreurs et sait demander pardon. Il accepte aussi la réalité, si dure soit-elle ; il ne vit pas dans les illusions. Il se réjouit du succès des autres et les félicite, même si ce sont des concurrents, car il ne cherche pas à les écraser pour exister. Il connaît sa place et s’il cherche un poste qui lui correspond, il ne vise pas plus haut que ce qu’il est et sait faire. Il ne court pas après le prestige, la promotion, l’argent.

Devenir humble s’apprend. Il faut rechercher l’humilité, mais bien sûr, pas l’humiliation (qui est une vexation, une dépréciation, un avilissement, le fruit d’une pure méchanceté de la part de l’autre). C’est une attitude intérieure à cultiver et fortifier, fondée sur la juste connaissance de soi et l’appréciation des autres.

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