L’évolution du rock entre 1960 et 1970

Tous s’entendent pour dire que le rock a débuté au milieu des années cinquante avec les Jerry Lee Lewis, Elvis Presley, Eddie Cochran, etc. Initialement considéré comme un feu de paille, le rock n’était pas pris au sérieux à ses débuts. Surtout vers la fin de la décennie avec l’arrestation de Chuck Berry, le scandale de Jerry Lee Lewis mais surtout, l’accident d’avion qui coûta la vie à Buddy Holly, Richie Valance et Big Bopper. Ces tristes événements auront ajouté de l’huile sur le feu au fait que le rock serait éphémère. Tout portait à croire que le rock and roll était déjà sur le déclin et que la fin n’était pas très loin…

Mais, secrètement, la relève était déjà en place avec de jeunes espoirs qui, s’inspirant du blues des années 40 et 50 allaient révolutionner à tout jamais le monde musical. Pendant que les pionniers du rock laissaient leurs problèmes personnels prendre le dessus sur leur art, de nouveaux-venus perfectionnaient leur son. On parle ici des Beatles, des Rolling Stones, Gerry and the Pacemakers d’Angleterre, alors que les États-Unis nous offrent les Beach Boys, Lovin’ Spoonful, les Turtles et plusieurs autres.

Si le rock du début des années 60 se voulait « bluesy » avec une forte saveur pop qui parlait surtout d’amour, celui-ci évoluera de manière fulgurante au cours des années qui suivront. En 1964, la Beatlemania secouait l’Amérique et le reste du monde. Suivra la British Invasion menée de front par les Rolling Stones. Les États-Unis ne seront pas en reste avec Bob Dylan qui avait envouté le public avec sa poésie. D’ailleurs, celle-ci aura une influence sur les Beatles qui changeront quelque peu leur message dans leurs chansons avec des thèmes plus personnels ainsi que leurs états d’âme.

Le rock évoluera rapidement car déjà, en 1966, arrivèrent les groupes plus audacieux artistiquement comme Pink Floyd, Procol Harum et les Moody Blues. Le rock commencera à se « psychédéliser ». Même les Beatles, qui abandonneront définitivement les tournées cette même année, se consacreront exclusivement au studio. En 1967, les États-Unis auront une brochette d’artistes qui offriront au rock une nouvelle texture tels les Byrds, Jefferson Airplane, Grateful Dead, Janis Joplin, Mamas and the Papas et surtout, Jimi Hendrix. Ce fut l’été baptisé « Summer of Love ». Et ça ne s’arrêtera pas là…Les Beatles offriront leur chef d’oeuve « Sgt. Pepper » qui révolutionnera le rock à jamais. Mais cette ère « psychédélique » sera de très courte durée, surtout après quelques tentatives d’autres artistes, comme les Stones avec « Satanic Majesties ». Suite à cet échec, ces derniers retourneront, en 1968, à un son plus « rock » mais surtout plus dur musicalement avec « Jumpin Jack Flash ». Les Beatles feront de même avec le « White Album » qui sera diamétralement opposé à « Pepper » avec un son sans aucune fioriture.

Côté texte, Les Doors, avec le charismatique Jim Morrison, innoveronnt avec leurs classiques « Light my fire », « Break on through » ou encore « People are strange ». Par contre, la fin des années 60 ne sera pas rose pour autant. En 1969, Brian Jones quitte les Rolling Stones et meurt moins d’un mois plus tard. Les Beatles se séparent. Woodstock est un succès, mais le concert d’Altamont prouve que la mode « Peace and Love » est utopique et irréaliste.

Somme toute, les années soixante auront été une décennie des plus créatives durant laquelle le rock était à prime abord « pop » mais qui est vite devenu plus sérieux et plus éclectique au fil des années. Cette première époque aura été la genèse de ce qui suivra par la suite…

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