Les contes de Noël

Noël approche à grands pas et les gens se préparent pour célébrer avec la famille et les amis cette fête magique qui rapproche les humains et les rend plus solidaires avec ceux qui vivent des situations difficiles. J’ai de beaux souvenirs des contes que ma grand-mère et autres membres de la famille nous racontaient quand j’étais jeune. Dans ce temps, il n’y avait pas les gadgets électroniques qui existent de nos jours et qui captivent l’attention et nous éloignent des autres. Réunis après le souper autour de mon père qui nous régalait avec les contes des princes, des reines, des méchants et autres tous fascinants et portant une morale ou une leçon. Ces moments demeurent gravés dans ma mémoire et mon cœur.

Pour cette chronique, j’ai choisi pour vous ce conte de Noël. Bonne lecture.

Le 4eme mage

Une vieille légende raconte que lorsque les mages repartirent de Bethléem, lorsqu’ils eurent disparu loin derrière les collines avec leurs dromadaires, un quatrième mage se présenta devant Jésus, Marie et Joseph…

Il venait de bien loin : sa patrie était le pays qui baigne le Golfe Persique. Lorsqu’il avait vu l’étoile se lever, il avait décidé de tout quitter, de tout abandonner et de se laisser guider par cette nouvelle lumière. Avec lui, il avait emporté son trésor le plus rare : trois perles précieuses aussi grosses que des œufs de pigeon.

En chemin, il s’arrêta dans une hôtellerie et c’est en entrant dans la salle des voyageurs, qu’il aperçut, étendu sur un banc, un vieillard amaigri et tremblant de fièvre. Nul ne savait qui il était, mais comme sa bourse était vide, il devait être jeté dehors le lendemain. À sa vue, le mage ne put s’empêcher de prendre une perle à sa ceinture, de la donner à l’aubergiste pour qu’il s’occupe de l’homme et qu’il trouve un médecin qui lui procure des soins…

Le lendemain, notre ami repartit. La route suivait une vallée déserte où d’énormes rochers se dressaient épars entre les taillis de térébinthe et de genêts en fleurs d’or. Soudain, le mage entendit un cri : des soldats s’étaient emparés d’une jeune femme et s’apprêtaient à la violenter. Pour la seconde fois, le voyageur mit la main à sa ceinture, prit une nouvelle perle et l’offrit aux soldats en échange de la délivrance de la jeune femme…

Vers midi, notre marcheur aperçut une ville en feu. En s’approchant, il vit un soldat qui s’attaquait à un tout jeune enfant et une mère affolée qui suppliait. Notre homme tira la dernière perle de sa ceinture et la donna au soldat afin qu’il rendit l’enfant à sa mère…

Maintenant, le soir tombait ; le calme était revenu et le mage arrivait devant l’étable où Jésus venait de naître. Il poussa lentement la porte, contempla Marie qui berçait doucement l’enfant puis s’approcha et se prosterna humblement en murmurant : “Seigneur, pardonne-moi, je n’ai rien à t’offrir, j’arrive les mains vides…”

Alors, il raconta son histoire…

Quand le mage eut achevé son récit, le silence régna dans la pièce. Pendant un instant, le voyageur resta le front appuyé contre le sol. Puis, il osa lever les yeux… Il reçut alors en plein cœur, le visage rayonnant de Jésus et des yeux qui lui faisaient l’offrande de leur plus merveilleux sourire…

(D’après un conte de Joannes Joergensen)

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