L’émerveillement

La première neige est tombée plus tôt cet hiver et ce fut magique de voir ces flocons qui couvraient la nature d’un beau manteau blanc. Je sens que Noël sera spécial cette année, surtout avec la grande parade du père Noël qui se prépare dans un dynamisme collectif pour la plaisir de tous les citoyens.

Pour cette chronique, je voudrais partager avec vous un texte sur l’émerveillement et un conte de Noël. Bonne lecture !

« C’est dans l’émerveillement que l’on découvre toute la lumière et toute la vérité, parce que c’est dans l’émerveillement que l’amour se nourrit, parce que c’est dans l’émerveillement que l’existence atteint toutes ses dimensions ». Maurice Zundel

S’émerveiller, c’est littéralement être touché par une merveille, un prodige. C’est entrer dans la spirale des éternels recommencements, dans l’étonnement des premières fois. Comme si dans chaque instant nichait quelque chose de neuf, d’inédit et de virtuellement prodigieux.

L’émerveillement est une candeur face au monde, et pour cause : il s’agit d’une attitude venue du fin fond de l’enfance. Seule la pureté du cœur permet de s’étonner sans cesse de ce qui advient, de la richesse des êtres et de la formidable prodigalité de la vie.

Le beau qui nous submerge à travers la vitre de nos yeux, nous donne à voir le monde dans toute sa splendeur pourvu que notre regard ne soit pas embué par la distraction, la mélancolie ou le mauvais vouloir.

Laissons-nous ravir (dans le double sens de ravisseur et de ravissement), laissons-nous emporter loin de ces piteuses résignations du “tout passe et tout lasse”. Ne laissons pas le doute s’insinuer, ne pensons pas que “c’est trop beau pour être vrai” ou que “c’est trop beau pour y croire”

Pour vivre pleinement les heures de notre existence, émerveillons-nous !

François Garagnon

Une vieille légende raconte que lorsque les mages repartirent de Bethléem, lorsqu’ils eurent disparu loin derrière les collines avec leurs dromadaires, un quatrième mage se présenta devant Jésus, Marie et Joseph…

Il venait de bien loin : sa patrie était le pays qui baigne le Golfe Persique. Lorsqu’il avait vu l’étoile se lever, il avait décidé de tout quitter, de tout abandonner et de se laisser guider par cette nouvelle lumière. Avec lui, il avait emporté son trésor le plus rare : trois perles précieuses aussi grosses que des œufs de pigeon.

En chemin, il s’arrêta dans une hôtellerie et c’est en entrant dans la salle des voyageurs, qu’il aperçut, étendu sur un banc, un vieillard amaigri et tremblant de fièvre. Nul ne savait qui il était, mais comme sa bourse était vide, il devait être jeté dehors le lendemain. À sa vue, le mage ne pu s’empêcher de prendre une perle à sa ceinture, de la donner à l’aubergiste pour qu’il s’occupe de l’homme et qu’il trouve un médecin qui lui procure des soins…

Le lendemain, notre ami repartit. La route suivait une vallée déserte où d’énormes rochers se dressaient épars entre les taillis de térébinthe et de genêts en fleurs d’or. Soudain, le mage entendit un cri : des soldats s’étaient emparés d’une jeune femme et s’apprêtaient à la violenter. Pour la seconde fois, le voyageur mit la main à sa ceinture, prit une nouvelle perle et l’offrit aux soldats en échange de la délivrance de la jeune femme…

Vers midi, notre marcheur aperçut une ville en feu. En s’approchant, il vit un soldat qui s’attaquait à un tout jeune enfant et une mère affolée qui suppliait. Notre homme tira la dernière perle de sa ceinture et la donna au soldat afin qu’il rende l’enfant à sa mère…

Maintenant, le soir tombait ; le calme était revenu et le mage arrivait devant l’étable où Jésus venait de naître. Il poussa lentement la porte, contempla Marie qui berçait doucement l’enfant puis s’approcha et se prosterna humblement en murmurant : “Seigneur, pardonne-moi, je n’ai rien à t’offrir, j’arrive les mains vides…”

Alors, il raconta son histoire…

Quand le mage eut achevé son récit, le silence régna dans la pièce. Pendant un instant, le voyageur resta le front appuyé contre le sol. Puis, il osa lever les yeux… Il reçut alors en plein cœur, le visage rayonnant de Jésus et des yeux qui lui faisaient l’offrande de leur plus merveilleux sourire…

(D’après un conte de Joannes Joergensen)

Commentaires Facebook

Rédiger un commentaire