Le COVABAR sondera cet été les berges et tributaires du Richelieu

 Actualité régionale 

Le Comité de concertation et de valorisation du bassin de la rivière Richelieu (COVABAR) réalisera au cours des prochains mois une vaste opération de caractérisation de l’ensemble des cours d’eau du bassin versant de la rivière du Sud, principalement dans la partie sud-est de la MRC du Haut-Richelieu. 

Deux équipes de deux personnes du COVABAR vont sillonner cet été près de 5 km/jour de berges de la rivière Sud, un exercice qui n’a jamais été réalisé de manière aussi exhaustive. Au total, plus de 260 km de cours d’eau qui se jettent dans la rivière du Sud seront marchés et caractérisés au cours de la saison 2019. 

Le territoire d’intervention touche les municipalités de Saint-Sébastien, d’Henryville, de Saint-Georges-de-Clarenceville, de Venise-en-Québec, de Sainte-Anne-de-Sabrevois, de Saint-Alexandre, de Mont-Saint-Grégoire, de Sainte-Brigide-d’Iberville et de Noyan. Les résidents des secteurs concernés recevront d’ailleurs sous peu une lettre pour les avertir de la visite des équipes du COVABAR. « L’objectif est d’avoir un portrait juste du bassin et de ses tributaires et d’intervenir par la suite là où c’est nécessaire » de dire Marcel Camiré directeur du COVABAR. « Cela peut signifier de réaménager les berges, de les stabiliser, de stopper l’érosion et souvent, d’essayer de s’entendre avec les producteurs agricoles pour avoir des bandes riveraines élargies » et éviter que des portions de terres agricoles n’aboutissent dans les cours d’eau. Ce qui par ricochet a pour effet de réduire la pollution. 

Le COVABAR qui travaille à convaincre l’ensemble de la communauté agricole de céder jusqu’à 5 m de leurs bandes riveraines, au profit de la végétalisation des berges et des tributaires. Des subventions seraient même offertes aux producteurs afin de compenser pendant cinq ans, cette perte de superficie cultivable. Le programme pancanadien ALUS y est dévolu depuis trois ans au Québec. La Compagnie Weston, Soleno et la MRC du Haut-Richelieu y ont contribué. 

Les équipes du COVABAR vont, dès l’automne prochain, émettre un certain nombre de recommandations et va les partager avec les résidents, les municipalités, les producteurs agricoles, de même qu’avec l’Union des producteurs agricoles et les différents Clubs en agroenvironnement. Ces clubs sont constitués d’agronomes et de biologistes qui conseillent les producteurs agricoles. Ils font souvent office de porte d’accès au milieu agricole, précise Marcel Camiré, directeur général du COVABAR. 

Le COVABAR va porter une attention particulière aux espèces envahissantes, aux embâcles et à l’érosion. Mais aussi, au non-respect de la réglementation touchant la protection des bandes riveraines tant par le milieu agricole, que municipal parfois. « Ça, on sait que ça va arriver. La règle veut qu’il y ait une bande de protection de trois mètres à partir de la ligne des hautes eaux, là où il y a un changement de végétation » nous dit M. Camiré. « Le ministère tolère un mètre en replat de talus. On essaie de leur vendre des bandes riveraines élargies de 5 à 10 m, des systèmes riverains agroforestiers ou des prairies fleuries », nous dit M. Camiré. Voilà qui n’intéresse pas tous les agriculteurs, qui ont en tête le rendement à l’hectare avant tout. 

Le travail fait par le COVABAR est complémentaire aux initiatives que mènent d’autres organismes comme Nature-Action Québec, l’UPA et certaines MRC. Le COVABAR a, au cours des 19 dernières années, acquis une solide compétence dans son domaine. Mandaté par le gouvernement, les villes et les MRC pour effectuer différents travaux et recherches, le COVABAR oeuvre sur plusieurs fronts. Il conduit des projets sur la rivière l’Acadie et des Hurons. L’an dernier, l’organisme a piqueté les terres agricoles de Saint-Bruno-de-Montarville. Il a aussi produit des études et tenu des kiosques d’information. Le COVABAR effectue aussi des activités de gardiennage notamment dans la réserve de Chambly, où fraie le crapais-soleil cuivré, entre le 20 juin et le 20 juillet. 

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