L’aumône (la zakât)

Pas assez connue ni correctement pratiquée, la zakât, troisième pilier de l’islam, est pourtant une obligation pour les croyants qui dépassent un certain seuil de revenus.

Son essence même révèle l’importance de la participation sociale dans l’univers musulman. La zakât est clairement un impôt sur l’avoir et la propriété qu’il faut comprendre, d’abord, comme une obligation devant Dieu. Ce prélèvement purifie sur le plan religieux, sacré et moral le bien de celui qui le possède.

Cette aumône est bien définie par des règles qui identifient les biens qui doivent êtres soumis à cette taxe sociale ainsi que ceux qui seront exemptés. Je ne veux pas entrer dans les détails et qui régit cette pratique. Je voudrais juste vous parler de ce phénomène qui arrive à soulager la misère de plusieurs êtres surtout durant le mois de jeûne : Le Ramadan qui sera bientôt à nos portes.

Historiquement, dans les pays islamiques, c’était l’État qui récoltait la zakât et qui la redistribuait.

La zakât englobe trois dimensions que nous pouvons rendre par la formule : taxe sociale purificatrice. Sur le plan économique, la zakât est une taxe (ou un impôt) à prélever annuellement sur ses biens. Elle est sociale, car c’est un acte de partage et de solidarité principalement destinée aux pauvres et aux nécessiteux. Elle a une dimension spirituelle parce qu’elle purifie les cœurs de l’avarice et l’attachement au matériel.

Ce que je voudrais vous raconter c’est l’histoire d’un homme et son fils ; ils sont au Liban, et à chacun de mes voyages là-bas, j’apprends tous les actes de bienfaisance qu’ils accomplissent envers d’autres personnes. Ces messieurs nobles vont au-delà de cette taxe sociale imposée par la religion. Dans leur culture et croyance, ils se sentent obligés de remettre aux démunis une partie de leur fortune pour que celle-ci continue de prospérer. Et comme le Bon Dieu aide toujours celui qui est charitable avec son proche, leurs entreprises continuent de se développer et ils offrent de l’emploi à plusieurs personnes dans différents coin du monde. J’admire ces hommes généreux et bienveillants et je prie Le Bon Dieu de leur donner la santé pour continuer leurs bonnes œuvres.

Chaque année, ils font leurs recherches pour des familles à faibles revenus qui veulent éduquer leurs enfants et ils leur payent les frais scolaires. Ils vont dans les écoles et offrent des vêtements chauds pour les élèves. Ils ont une équipe qui distribue pour eux chaque mois des boites de nourriture non-périssables (huile, riz, lait en poudre, etc.) à quelques familles choisies selon leur condition. Dernièrement, ils ont contribué à la création d’une aile de soins dans un hôpital. Je sais aussi qu’ils envoient des universitaires en Europe pour se spécialiser dans leur domaine. Et plusieurs autres actes charitables qui leur valent toute mon admiration.

L’essence de l’humanité, c’est sentir la peine des autres et les soutenir en face des défis de la vie. Il n’y a rien qui équivaut le contentement et la paix intérieure que l’on peut ressentir quand on aide une personne dans le besoin ou quand on collabore à son épanouissement. En donnant, surtout ce qui nous tient à cœur, on se déleste, on s’accomplit et surtout on gagne quelque chose de plus précieux encore : un ami peut-être, ou quelqu’un qui nous sera reconnaissant de notre bienfait. On est riche de ce que l’on donne, dit-on communément. Et cette richesse-là n’a pas de prix.

« L’homme le plus heureux est celui qui fait le bonheur d’un plus grand nombre d’autres.»

– Diderot

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