La Terre meurt

 La vie est belle 

Je suis habituée de choisir pour vous des sujets inspirants et gais pour ma chronique. Cependant, devant l’urgence de la situation écologique, je me sens obligée de mentionner ce sujet tellement d’actualité. Bonne lecture.

Fort de quelques huit cents chansons écrites ou composées, pour lui ou pour d’autres, dont plusieurs dizaines de succès qui ont marqué leur époque et sont devenus des standards, Charles Aznavour n’a jamais quitté le haut de l’affiche. Attaché aux traditions et respectueux des « anciens », Aznavour a pourtant toujours su regarder « à côté et ailleurs ». Ce grand homme nous a quittés le 1er octobre 2018. Que son âme reste en paix !

La Terre meurt est un…joyeux cha-cha-cha qui dénonce sur un rythme implacable « l’horreur écologique » de notre monde industrialisé :

La chanson « La Terre meurt »  apparaît sur l’album « Colore ma vie » (2007). « La chanson engagée » : un exercice plutôt rare chez Aznavour, mais il fallait le dire, ils ne sont pas si nombreux à le faire et lui le dit sans ambages :

« Je voulais faire passer des textes durs avec une musique dansante. Quand je traite d’un fait de société, je veux que celui que ça n’intéresse pas puisse tout de même écouter une chanson. ….On fait passer des choses d’autant plus graves et fortes avec de la mélodie, du rythme. Et quand on danse sur une chanson, contrairement à ce que l’on peut croire souvent, on est plus attentif. »

« Je ne cherche pas à donner des leçons, je cherche plutôt à attirer l’attention des gens sur ces problèmes, et si quelques refrains servent ces causes, alors tant mieux. Je fustige davantage la langue de bois des politiciens, qu’ils soient de droite ou de gauche, qui promettent mille choses et qui ne les font pas. La chanson reste et traverse les murs, contrairement à la parole politique. »

La terre meurt

Les océans sont des poubelles
Les fronts de mer sont souillés
Les Tchernobyl en ribambelles
Voient naître des fœtus mort-nés
Dans cinquante ans, qu’allons nous faire
De ces millions de détritus
Et ces déchets du nucléaire
Dont les pays ne veulent plus ?
Sous nos pieds la terre promise,
Patrimoine de nos enfants,
Petit à petit agonise
Et je m’en soucie
Et pourtant les espèces devenues rares
Sont en voie de disparition
Et la laideur chante victoire
Sous le plastique et le béton.
La Terre meurt
L’homme s’en fout
Il vit sa vie
Un point, c’est tout.
Il met à son gré, à son goût,
Le monde sans dessus dessous
La Terre meurt
Où allons-nous ?
Dans la finance et les affaires,
Le pétrole est le maître mot
Il mène à tout
Même à la guerre
Et nul ne s’inquiète de l’eau
Où en sont la flore et la faune ?
Et qu’advient-il du firmament
Privé de la couche d’ozone
Gardien de l’environnement ?
Sous le ciel, le sol se révolte
Car l’homme trompe la nature
Quand il trafique les récoltes
Il hypothèque son futur.
Sous le soleil, les forêts brûlent
Et l’on gave les champs d’engrais
Dans la boulimie majuscule
Du rendement et du progrès
Il est temps de prendre conscience
Que l’homme ne respecte rien
Il se fiche de l’existence
Des baleines et des dauphins
L’éléphant meurt pour son ivoire
La bête rare pour sa peau
Et dans les grandes marées noires
Le mazout englue les oiseaux
La société consommatrice
Avance impunément ses pions
Tandis que les arbres pourrissent
Dans les villes et leurs environs
La sécheresse se déchaîne
Effaçant tout signe de vie
Et certaines races humaines
Crèvent d’abandon et d’oubli
La Terre meurt
Réveillons-nous !

Charles Aznavour
Charles Aznavour
(Merci à mon amie Diane Skeates qui m’a parlé de cette chanson.)

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