La réactivité. Parlons-en !

 

La « réactivité », le nouveau beau mot du comportement canin. Presque aussi populaire que l’anxiété de séparation, la réactivité est omniprésente dans le domaine canin depuis un certain temps. Vous l’entendez sortir de la bouche des éducateurs et comportementalistes canins, des vétérinaires, des commis de boutiques, mais aussi des parents des chiens en question. Mais au fait, qu’est-ce que la réactivité ?

Éclaircissons. La réactivité, c’est « l’aptitude d’une structure vivante à répondre à tout changement physique ou chimique […] par une réaction, généralement favorable à sa survie et à son développement » (Larousse, 2018).

Pourquoi ne pas dire plutôt : « Mon chien est agressif envers les autres chiens » ? Où se situe la différence entre un chien réactif et un chien agressif ? La nuance se cache dans l’intention derrière le comportement.

Nous devons aussi accepter la réalité : les chiens peuvent être agressifs, parfois pour de bonnes raisons et parfois pour de mauvaises. Ici, le rôle du comportementaliste est de cerner et comprendre le comportement du chien afin d’intervenir auprès de ce dernier et d’aider l’humain à gérer et sécuriser l’environnement. Si le chien est agressif, c’est qu’il y voit un besoin pour sa survie. S’il perçoit le plant de tomates comme une menace monumentale ou la trottinette du petit voisin comme un danger relevant de l’apocalypse, c’est à nous de l’amener à modifier ses perceptions erronées vis-à-vis le monde.

Notre façon d’interpréter la réactivité de notre animal est sans aucun doute ce qui compte le plus dans l’équation et minimiser le niveau de dangerosité d’un animal peut représenter de grands risques. Malheureusement, le terme « réactivité » ne nous aide pas à savoir si le chien n’est qu’un danger pour les feuilles mortes qui tombent des arbres en automne, ou si celui-ci est en fait un danger pour la sécurité du public parce qu’il risque de mordre un enfant qui court dans la rue. Il existe plus ou moins 26 types d’agressivités classifiées chez le chien. Évidemment, nous ne les passerons pas toutes en revue ; cela nécessiterait beaucoup de pages dans ce journal. Toutefois, si voaus constatez que votre animal manifeste des réactions que vous jugez démesurées vis-à-vis certains stimuli de la vie courante ou encore qu’il a déjà mordu un autre animal ou un humain, il est important de consulter un comportementaliste qui pourra évaluer le niveau de dangerosité de votre animal. Cette évaluation vous permettra de prendre les dispositions nécessaires afin de protéger le public, de protéger votre chien et de vous protéger vous-mêmes. Il est important de considérer que légalement, lorsque nous sommes le « propriétaire » d’un animal de compagnie, nous en sommes le responsable et ce, même lorsque celui-ci se promène avec quelqu’un d’autre. Ainsi, si votre chien se fait garder par votre cousine durant votre journée de travail et qu’il mord le chien de sa voisine, vous en êtes en partie responsable. D’où l’importance de bien connaître votre animal et de prendre toute les dispositions nécessaires afin d’informer les gens qui le côtoient de la manière d’agir avec lui.

Toutefois, n’embarquons pas tous sur nos grands chevaux. Ce n’est pas parce qu’un chien est qualifié de réactif/agressif, qu’il mange les enfants ou encore qu’il représente un danger pour la population entière. Il faut savoir nuancer et comprendre les réactions de notre chien. Aussi bien qu’il ne faut pas non plus, à l’autre extrême, banaliser le terme en se disant qu’il suffit de « connaître » les chiens pour les approcher coûte de coûte. Respectez leur bulle et leur espace et, encore plus important, respectez les gens qui les accompagnent et accordez de l’importance aux indications qu’ils vous donnent. Certains chiens sont réactifs aux camions de poubelles, d’autres aux feuilles mortes qui tombent des arbres à l’automne. Certains n’apprécient pas la présence des gros chiens frisés et d’autres des fameux « méchants » facteurs. Ainsi, les raisons initiant la réactivité de votre labrador de 7 ans sont peut-être bien claires pour vous, mais dites-vous bien qu’elles sont sans doute différentes pour le grand « Golden-Doodle » de 11 mois de votre voisin.

P.S. Un super produit entièrement québécois existe afin d’informer les marcheurs du besoin d’espace de votre chien. Le dossard Beli-Concept « Besoin d’espace », nous l’aimons beaucoup et vous le recommandons fortement. Il vous aidera à éviter les malentendus avec les autres bipèdes…!

 

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