La confiance

La confiance est croire que tout se déroulera de manière attendue et désirée. Cela implique de l’espoir et des sentiments de sécurité, que ce soit en une ou plusieurs personnes, en une situation ou en nous-mêmes.

La confiance permet de renforcer les liens dans les relations et, lorsqu’elle est dirigée vers soi-même, renforce l’estime de soi. Cette grande vertu est très importante pour la survie et la quiétude de l’être humain. Quand on dit à quelqu’un « j’ai confiance en toi », cette affirmation lui procure une certaine énergie intérieure qui lui donne le courage et la force d’entreprendre des tâches difficiles et de vaincre sa peur ou ses doutes.

Elizabeth Gilbert nous offre également l’une des phrases les plus merveilleuses sur la confiance. Elle dit : « L’incapacité à s’ouvrir à l’espoir est ce qui bloque la confiance, et la confiance bloquée est la raison pour laquelle les rêves sont annihilés ». Il s’agit d’une déclaration très perspicace. Elle met en lumière le cercle vicieux dans lequel nous tombons parfois : le manque de confiance empêche les réalisations et le manque de réalisations mine la confiance.

La confiance est une dynamique invisible qui anime l’homme et le soutient dans ses actions.

Certains disent que la confiance place d’emblée celui qui fait confiance dans un état de vulnérabilité et de dépendance. Il ne s’agit pas de croire que la confiance doive être absolue et aveugle, ou que les autres soient toujours fiables et dignes de confiance. Certes, sans confiance en soi, rien n’est possible. Ce n’est qu’ensuite qu’on peut aussi s’ouvrir aux autres, construire un espace de partage, bâtir avec autrui un projet commun.

Pourtant, la confiance en soi relève aussi de la capacité à créer des liens. Pour cela, il faut pouvoir aussi croire aux autres, leur faire confiance et accepter le risque de la dépendance. C’est pourquoi la confiance n’est jamais « neutre ». Elle est à la fois fondamentale et dangereuse. Elle est fondamentale car, sans confiance, il serait difficile d’envisager l’existence même des relations humaines – des rapports de travail jusqu’à l’amitié ou bien l’amour. Sans confiance, on ne pourrait même pas envisager l’avenir et chercher à bâtir un projet qui se développe dans le temps. C’est la confiance qui rend possible le développement de la socialité et le fonctionnement de la démocratie. Mais la confiance est aussi dangereuse, car elle implique toujours le risque que le dépositaire de notre confiance ne soit pas à la hauteur de nos attentes ou, pire encore, qu’il trahisse délibérément la confiance que nous lui faisons. Lorsque nous faisons confiance à quelqu’un, il nous arrive de croire en lui, sans savoir exactement pourquoi, ou du moins sans pouvoir expliquer les raisons exactes de notre confiance.

La confiance est également une attitude globale envers la vie. La confiance est la matière première de celui qui regarde : c’est en elle que grandit la lumière. La confiance est la capacité enfantine d’aller vers ce que l’on ne connaît pas comme si on le reconnaissait. « Tu viens d’apparaître devant moi et je sais qu’aucun mal ne peut venir de toi puisque je t’aime, et c’est comme si je t’aimais depuis toujours ». La confiance est cette racine minuscule par laquelle le vivant entre en résonance avec toute la vie, avec les autres hommes, les autres femmes, comme l’air qui baigne la terre ou le silence qui creuse le ciel. Sans confiance, plus de lien et plus de jour. Sans elle, rien.

Christian Bobin

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