La caravane humaine

Depuis plus d’un mois déjà, je vous écris du Liban, mon pays d’origine. En avançant dans l’âge, je sens ce besoin qui me pousse à renouer avec mes racines et retourner assez souvent vers la terre de mes parents.

À chaque voyage, je vais au cimetière pour réciter une prière pour mes parents. Quand on vit éloigné des siens, on ne voit pas les changements graduels qui affectent nos proches et en retournant, on a toujours la surprise de voir des nouvelles naissances, des mariages, des graduations et de personnes disparues. La naissance et la mort font partie de notre vie et je suis toujours à l’aise avec la mort. Certes, c’est triste de perdre quelqu’un qu’on aime mais ce qui est plus dur, c’est de voir cette personne souffrir vers la fin de son existence. Je suis contente d’avoir eu la chance de voir mon oncle maternel avant son décès. Que de beaux souvenirs je garde de cet oncle aimable et affectueux. Il avait toujours le sourire facile et son beau visage dégageait la bonté et la sérénité. Quand je l’ai vu pour la dernière fois le mois passé, je ne pense pas qu’il m’ait reconnue et je fus frappée par la détérioration de son état. J’ai prié Le Bon Dieu pour qu’il achève ses souffrances. Mon oncle a vécu une belle vie et il a élevé avec sa douce femme une bonne famille où la joie et la sérénité régnaient. Ce sont les bons souvenirs qui gardent la mémoire de quelqu’un vivant dans nos cœurs.

Ce sont les actions et les accomplissements d’un être qui témoignent de son passage sur cette Terre. Mon oncle était un homme généreux et optimiste. Malgré l’opposition de sa famille, il a marié une veuve qui avait cinq enfants. Ma grand-mère était désolée du choix son fils, pour qui elle aurait espéré un mariage traditionnel avec une jeune fille de la famille. Cette union a donné naissance à quatre filles qui ont donné du bonheur et de la fierté à mon oncle et son épouse. Quand je me suis rendue au service pour la mémoire de mon oncle, je fus surprise du grand nombre des personnes qui sont venues pour offrir leurs condoléances. Ce sont surtout les enfants de sa femme qui semblaient très affectés par sa mort et répétaient que mon oncle fut comme un père pour eux et il les traitait comme ses propres enfants. J’étais fière et malgré ma peine, j’avais le doux sentiment que mon oncle sera toujours vivant dans les cœurs et la mémoire des gens qui l’ont côtoyé.

Je dédie quelques extraits de ce beau poème à la mémoire de mon oncle. Que Le Bon Dieu bénisse son âme.

La caravane humaine

J’ai connu,
dans ma vie,
qui s’étire déjà pas mal,
quelques grands vivants.

Ils n’étaient pas tous célèbres,
loin de là.
Mais ils avaient tous
assez d’amour dans le cœur
pour en donner
à beaucoup.

(…)

Ils avaient tous gardé
un sens de l’émerveillement peu commun.
Capables de se pâmer
d’autant que devant le sourire d’un enfant
ou les mains ridées d’un vieillard.

Leur seule présence inspirait confiance.
Ils dégageaient beaucoup d’amour.
On était bien avec eux.

À les voir,
on avait le sentiment d’être meilleur.
À côté d’eux,
on avait envie de grandir.
Ils avaient du feu
dans les yeux et dans le cœur.

Bref,
ils avaient le goût de vivre
et ils donnaient le goût de vivre.

Celui qui est la Vie,
Celui qui a brisé
les chaînes de toutes nos morts
afin que nous puissions
VIVRE TOUJOURS !

Jules Beaulac,
Que c’est bon la vie !

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