Hommage à Nicole Martin

Comme beaucoup de gens, je suis toujours sous le choc du départ soudain de Nicole Martin. Un secret bien gardé car son triste décès remonte déjà au 19 février dernier. Un véritable tour de force dans l’ère de l’internet et des réseaux sociaux où rien ne peut échapper à ceux-ci. Comme le deuil est une chose qui doit être faite en privé, j’ai beaucoup de respect pour son conjoint qui a pu vivre son chagrin loin des médias.

D’emblée, je me dois d’être honnête, je connais très peu le matériel de Nicole Martin et je n’ai pas suivi sa carrière non plus. Son style musical étant à des années lumières du mien, je n’ai qu’un savoir qui en est un de surface, c’est-à-dire que je ne connais que ses grands succès « Laisse-moi partir » et « Il était une fois des gens heureux ». Mais dès mon enfance, j’ai entendu parler de cette chanteuse qui a connu du succès surtout entre 1975 et 1980. Je dois dire que son côté sympathique m’a toujours souri. Malgré le succès, elle semblait toujours rester humble et accessible.

Côté talent, Nicole Martin n’était pas en manque. En effet, elle ne faisait pas que chanter, elle a même été auteure-compositeur, en plus d’être productrice. La musique, elle l’avait dans le sang car elle venait d’une famille passionnée. Elle a d’ailleurs commencé sa carrière très tôt, alors qu’elle était encore une adolescente. Dès 1965, elle forme le duo Nicole et Frédéric avec le chanteur Frédéric Boudreau. Mais, en 1970, Nicole Martin décide de changer de cap et de mettre fin au groupe. Avant de commencer officiellement sa carrière solo, elle fait la connaissance de Tony Roman. Ce dernier lui créera un personnage mystique, soit Zerra, qui aura une allure plutôt colorée et qui chantera du rock à sauce psychédélique de la fin des années soixante.

Mais, ce projet sera un échec et Nicole Martin retournera à une image beaucoup plus sobre et vraisemblablement plus proche de qui elle est réellement. Cette stratégie portera fruit car le succès se fait sentir et en 1971, elle offrira au public québécois l’album « La première nuit d’amour ». Il n’en faudra pas davantage pour que les québécois tombent sous le charme de la sympathique chanteuse. Une nouvelle étoile sera née. Elle connaîtra même du succès en France et au Japon au cours des années soixante-dix.

Vers la fin des années quatre-vingt, Nicole Martin se fera plus discrète et optera pour travailler plus en coulisses en tant que réalisatrice et productrice avec son conjoint, Lee Abbot. Même loin des feux de la rampe, elle ne chômera pas et vers le début des années 2000, elle reviendra peu à peu vers ses fans. C’est par contre en 2010, qu’elle effectuera son véritable retour avec l’album « Cocktail de douceur », qui mettra en vedette des reprises de grands succès jazz tels que « Come rain or shine » ou encore « C’est si bon ».

C’est donc une grande dame au parcours bien rempli qui nous quitte subitement et malheureusement beaucoup trop tôt. Il est raisonnable de dire que Nicole Martin est une icône du showbiz québécois et que sa contribution ne doit pas être prise à la légère. Reposez en paix Mme Martin…

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