Edouardo Galeano

 La vie est belle 

En Amérique latine, il est aussi célèbre qu’un joueur de foot, explique Alexandre Sánchez. Quand Édouardo Galeano est mort en 2015, pendant deux jours, les gens ont fait la file pour aller voir son corps. C’est quelqu’un qui déplaçait les foules, ça aurait pu lui monter à la tête, mais… non.

Édouardo Galeano, auteur d’un livre mythique, Les Veines ouvertes de l’Amérique latine, dénonciation magistrale de l’impérialisme colonial et de la prédation économique, l’uruguayen Eduardo Galeano, décédé en 2015 après une vie de combats et d’exils, fut une figure charismatique de la contestation politique et de la littérature.  Il nous livre son testament de poète, d’historien et de moraliste .

Mémoire du feu, c’est l’histoire américaine vue par ses héros, ses résistants de tous les âges face à l’envahisseur, soit autant de Jean Moulin ou de Nelson Mandela écorchés, écartelés, démembrés ou brûlés vifs après de savantes tortures “civilisées”, au nom d’un dieu unique dont la Miséricorde s’arrête à la corde –l’Amour, restons sérieux. Où Eduardo Galeano est un humble génie, c’est qu’on oscille entre la rage et le sourire, tant conquistadores et Jésuites passent pour ce qu’ils sont, des imbéciles obtus et sanguinaires. La poésie et l’empathie pourtant transpirent des massacres, sans angélisme envers les autochtones, avec une langue acerbe, ironique et tendre (bravo pour la traduction). On y apprend mille choses, comme l’origine de Wall Street dans le futur New York, la rue où pousse les esclaves africains en sortant des bateaux –devenue impasse en raison du mur construit pour les maintenir là… En lisant ce livre magnifique et poignant, on a fatalement envie d’occuper Wall Street, ou plutôt d’y mettre le feu – et qu’ils s’en souviennent.Édouardo Geleano
Eduardo Galeano - auteur célèbre
Éric Dupont

Je viens de découvrir cet auteur et il me fait plaisir de partager avec vous ses citations les plus célèbres. Bonne lecture !

« Après tout, nous sommes ce que nous faisons pour changer ce que nous sommes. L’identité n’est pas une pièce de musée exposée sagement derrière une vitrine. Cependant, la synthèse toujours étonnante de nos contradictions de chaque jour. »

« Nous vivons dans un monde où les funérailles comptent plus que l’homme mort, le mariage plus que l’amour et le physique plus que l’intellect. Nous vivons dans la culture de l’emballage, qui méprise le contenu. »

« L’indignation doit toujours être la réponse à l’indignité. La réalité n’est pas une fatalité. »

« Chaque jour une histoire qui mérite d’être racontée, parce que nous sommes faits d’histoires. Les scientifiques disent que nous sommes faits d’atomes mais, à moi, un petit oiseau raconte que nous sommes faits d’histoires. »

« En 1948 et en 1976, les Nations Unies ont établi une longue liste des droits de l’homme ; mais l’humanité, dans son immense majorité, n’a que le droit de voir, d’écouter et de se taire. »

« Mais plus on accepte la liberté dans les affaires, plus il faut bâtir des prisons pour celles qu’elles défavorisent. »

« Si la technologie des communications semble de plus en plus développée, pourquoi sommes-nous chaque jour plus sourds et muets ? »

« Les catastrophes dites naturelles, comme si la nature était le bourreau et non la victime. »

« La richesse dans le monde est le résultat de la pauvreté des autres. Nous devrions commencer à raccourcir le fossé entre les nantis et les démunis. »

Pour conclure,

Chaque personne brille de sa propre lumière au milieu de toutes les autres. Il n’y a pas deuxflammes identiques. Il y a de grandes flammes et de toute petites flammes et des flammes de toutes les couleurs. Des gens à la flamme sereine qui ne se préoccupe pas du vent. Et de gens à la flamme folle qui emplit l’air d’étincelles. Quelques flammes balourdes, n’éclairent ni ne brûlent ; mais d’autres embrasent la vie d’un désir si intense qu’on ne peut les regarder sans clignement des yeux, et, si on s’approche, on s’enflamme.Édouardo Geleano

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