Cultiver la terre de mère en fille

par Boris Chassagne

 

Marie-Josée Forget et sa mère Sylvie Turcotte exploitent toutes deux Terre-Mère, une petite ferme familiale d’un hectare qui leur permet de produire pendant tout l’été des paniers de légumes et de tenir un kiosque au Marché public Vieux Saint-Jean.

 

 

Leur jardin familial est rapidement devenu la microentreprise bio Terre-Mère certifiée Québec Vrai. L’agriculture biologique était pour ce duo la seule voie à suivre. « Je ne le ferais pas si ce n’était pas en mode d’agriculture biologique. Ça ne m’intéresserait pas. Ce n’est pas ça que j’ai envie de léguer à mes enfants » de dire Mme Forget qui prépare déjà les semis de Terre-Mère pour cet été.

 

L’hectare de terre cultivée leur permet un rendement hebdomadaire de 60 paniers de fruits et légumes et aussi, de garnir durant tout l’été et l’automne leur kiosque de produits locaux au Marché public du Vieux Saint-Jean. Un rendement que permettent en partie les tunnels froids aménagés dont l’avantage est de prolonger la production d’environ huit semaines chaque saison. « Tout est fait à la main, on n’a pas de tracteurs… » et sur une petite surface il faut optimiser les processus. Chaque mètre carré compte.

 

Le bio, pas la voie express

Entretenir un hectare de culture bio n’est pas une mince affaire de dire madame Forget :

« Notre terre n’a pas été cultivée pendant plus de 15 ans, ce qui nous a permis d’être rapidement certifiées bio ». Par contre, « comme elle n’a pas été travaillée longtemps et même si la terre est plus riche, elle demande en revanche plus de travail dans les premières années. Au niveau de la mauvaise herbe, c’est beaucoup de gestion. D’ici quatre ou cinq ans, cette même terre-là va être beaucoup plus productive et plus facile ».

 

Terre-Mère produit tous les légumes qu’elle vend. Des fruits comme les cerises de terre, le melon d’eau, melon miel et cantaloup. Et pratiquement tous les légumes : brocoli, choux, bok choy, radis, carottes, courgettes et concombres. La microferme leur demande à toutes deux d’y travailler à temps plein tout l’été. « La marge de profit dans les légumes est assez mince, mais on est à l’aise avec ça ».

 

 

Répondre à une demande exprimée

Marie-Josée Forget le fait pour elle, mais aussi pour sa clientèle. « Nous avons réalisé que les gens ont pour la plupart une volonté réelle de participer à diminuer la pollution et aussi de mieux manger. Mais les clients croient à tort ou à raison que c’est trop dispendieux », nous dit madame Forget.

 

Tout le monde peut s’y mettre

« C’est tellement gratifiant de cultiver la terre » avoue Marie-Josée Forget, et pas si compliqué quand on est bien préparés. Il s’agit d’être au fait des propriétés de sa terre, de déterminer ce qui y pousse bien et de miser là-dessus. « Un légume qu’on cueille dans notre jardin est cent fois meilleur ».

 

Donner c’est recevoir

Terre-Mère sait faire preuve de générosité et fait don d’une part de sa production à des organismes d’économie sociale. « Quand on a démarré le projet, on avait tellement de légumes. On déteste le gaspillage alimentaire. Je peux aller les porter à la St-Vincent de Paul ou, les donner à Famille à cœur ».

 

De quoi elle rêve?

Le duo mère-fille aimerait bien doubler sa production et atteindre les 125 paniers par année. « J’aimerais que l’on continue à cultiver cette terre pour toujours, mais ce sera à mes enfants de décider », nous dit Marie-Josée Forget. Le duo mère-fille compte bien exploiter à terme les deux hectares que possède la famille et y produire notamment plus de fruits bios. « On veut garder ça modeste et ça fait notre affaire ». Et si d’engager devient un jour nécessaire, Marie-Josée compte bien donner une chance aux gens qui ont des difficultés à l’emploi.

 

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