Ceux qui nous ont nourri

Notre musée est situé dans l’ancien Vieux Marché où on vendait de la viande fraîche le samedi. La partie qui donne sur Longueuil a abrité la station de pompiers… ainsi que le chef des pompiers et sa famille. Ce bâtiment me tient à cœur ; les séances du Conseil s’y sont tenues jadis…les anciens citoyens et maires de la ville ont vécu et sont enterrés à deux pas, etc. C’est là que la ville est née ! À mes débuts au Conseil de ville, heureusement supportée par le maire Beauregard, nous avons obtenu qu’il soit réparé et entretenu…On voulait le démolir !

Le Musée du Haut-Richelieu est ouvert à l’année longue ; il mériterait plus d’achalandage. L’exposition actuelle porte sur ce qui nous nourrit…et ce qui a nourri nos ancêtres. Elle est modeste mais intéressante.

Pendant la belle saison, beau temps mauvais temps, nos braves maraîchers offrent à l’extérieur les excellents produits frais de la ferme.

L’exposition actuelle

L’exposition en cours présente avec textes et photos des lieux, objets, contenants etc. rappelant ce qui a nourri nos grands-parents et les entreprises qui leur ont donné accès aux aliments. Vous reconnaîtrez des noms, des endroits et des entreprises qui n’existent plus que dans nos souvenirs.

Le précieux lait

Les vaches ne sont arrivées d’Europe que vers le 16e siècle. L’exposition nous rappelle les laitiers qui distribuaient le lait en pintes de verre (les Samoisette, Granger, Richelieu) ; les matins d’hiver, la pinte laissait échapper une belle crème (glacée). Est venue la pasteurisation et l’homogénéisation (que l’on doit à Pasteur*) …et les fusions (Agropur, Purdel, etc), puis les fermetures, les déménagements… et des beurreries. À St-Eugène, l’une d’elles a passé au feu, celle de Sabrevois a failli… etc…

Vers 1850, sur la rue Richelieu près Frontenac et Saint-Georges, on vendait de la crème glacée et des sodas ; une idée importée d’Écosse et de Grèce.

Le pain quotidien…

Vers 1700, les immigrants français ont importé le goût du pain. Au fil des ans, ça devient la diversité et l’abondance. Dès 1930, il y avait déjà de la concurrence chez les boulangers Bissonnette et autres, L’Acadie, puis Steinberg, Gadoua, Weston etc

Les épiceries et les boucheries

Vous avez sans doute connu, fréquenté et aimé votre épicerie/boucherie du coin. J’hésite à en nommer… il en manquerait trop. Il y en avait dans chaque quartier ; chacun avait sa préférée qu’il a été peiné de voir disparaître.

Mentionnons la boucherie Laflamme (premier camion à circuler dans les rues d’Iberville), Leclerc…et l’épicerie Chez Carosse (j’adore ce nom)

…et les magasins Victoria, la Confiserie de Luxe…et ensuite, plus gros, Spot, Dominion et Steinberg, etc. Vivant jadis à Montréal, mon père se souvenait de madame Ida Steinberg, une petite femme vaillante qui le soir, ne fermait pas son modeste premier magasin avant d’en avoir lavé le plancher. Elle était venue de Hongrie en 1911 avec 200 $ en poche… Vous connaissez la suite …

Et bien sûr, la rivière des Iroquois

Nos ancêtres qui faisaient maigre le vendredi profitaient des richesses de notre belle rivière comme les autochtones le faisaient déjà. Il y eut ensuite les pêcheries d’anguilles de François Goyette d’abord puis Thuot et Goyette.

*Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme

Les recherches de Lavoisier (avocat, chimiste, agronome et économiste) ont conduit Pasteur à inventer la pasteurisation du lait (ainsi que la précieuse vaccination que certains dédaignent, se sachant moins vulnérables parce que leur entourage vacciné, ne peut les contaminer !).

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