Ces fameux comportements « indésirables » …

« Bonjour, je m’appelle Scott ! Oui, je vous appelle, c’est que j’ai beaucoup de problèmes avec ma bipède ! Elle ne comprend jamais rien quand je jappe et en plus, elle fait comme si j’étais pas là devant son truc qui ressemble à une télé en plus petit, devant lequel elle reste parfois assise des heures à taper avec ses doigts… c’est vraiment difficile, je sais « p’us » quoi faire ! Aidez-là ! »

Il n’est pas encore né le chien qui nous appellera pour nous raconter les problèmes rencontrés avec son gardien ! Et, comme vous le savez à force de nous lire, le comportement canin peut parfois être bien plus complexe que nous l’imaginons. Dans ce métier, nous avons la chance de venir en aide, du mieux que nous le pouvons, en tentant de comprendre le langage d’un animal qui n’est pas le même que le nôtre. Sur ce, nous pouvons comprendre qu’en fait, les problèmes sont, dans 100 % des cas, présentés par l’être humain et non par le chien lui-même. Ainsi, ce qu’il faut comprendre, c’est que c’est l’humain qui détermine quel comportement est acceptable ou non dans sa maison et/ou selon son mode de vie. C’est là que ça se complique. Qu’est-ce qui se cache souvent (voire tout le temps) derrière un comportement ? Un besoin ou une motivation. Alors, avant d’intervenir, il faut d’abord comprendre l’origine du comportement. Là, vous vous dites que certains comportements ne semblent pourtant pas venir de bien loin et qu’ils sont seulement et uniquement dérangeants. Passons-en quelques-uns en revue :

1. Le chien qui saute en kangourou. Eh oui, le chien a des pattes, des muscles et a parfois beaucoup de volonté à recevoir de l’attention. Les chiens ont diverses façons de se rencontrer entre eux, vous les connaissez : le face-à-fesses et le face-à-face. Entre chiens, c’est bon, ça marche. Par ces techniques, le chien va chercher les odeurs nécessaires afin de comprendre qui est l’individu devant lui. Est-ce un mâle ou une femelle ? Est-il stérilisé ou non ? A-t-il un débalancement hormonal ou un problème de santé quelconque ? Qu’a-t-il mangé pour déjeuner ? Toutes ces informations sont transmises en quelques bouffées d’air. Avec l’humain, le chien tente bien souvent d’appliquer les mêmes techniques, mais la réponse diffère largement. Par exemple, si un chien s’approche le nez près de votre entrejambe, « Ouh la la ! », il se fait tasser assez rapidement ! Le chien, dès son plus jeune âge, apprend que le face-à-fesses avec l’être bipède, c’est un gros « non ». Il doit donc passer à la deuxième technique, le face-à-face. Quel est alors le problème rencontré ? Notre visage est beaucoup plus haut que le leur. De plus, les bipèdes ne s’entendent pas trop sur leur réceptivité vis-à-vis ce fameux face-à-face. Parfois, le chien reçoit tout plein de câlins, d’autres fois, il se fait repousser ; ainsi, pour le chien, ça vaut toujours le coup de tenter sa chance d’obtenir des câlins ! En résumé, le chien doit pouvoir vous sentir d’une quelconque façon. Accroupissez-vous pour être à sa hauteur dès son plus jeune âge pour éviter qu’il pratique les sauts. Laissez-le vous renifler sans qu’il n’excède dans son enthousiasme. Demandez-lui ensuite de s’asseoir pour recevoir les câlins si c’est ce qu’il souhaite.

2. Le chien qui creuse comme une marmotte. Ah ce fameux chien qui s’amuse comme un petit fou dans le jardin et qui entre avec de la boue jusqu’au cou en cette belle période printanière ! Que faire avec lui ? Mais surtout, pourquoi creuse-t-il ? Alors là attention, déception. Nous allons vous donner la réponse la plus simple, et peut-être même la plus plate qui soit : parce qu’il a besoin de creuser. Creuser est un besoin inné donc génétique chez le chien. Ceci veut donc dire qu’il a besoin de le faire que vous le vouliez ou non. Certains chiens en ont plus besoin que d’autres, tout dépend de leur génétique. La satisfaction du besoin est faite afin de conserver un équilibre. Tout comme certaines personnes ressentent le besoin d’aller courir plusieurs fois par semaine, d’autres chercheront davantage à aller au spa pour se détendre. Ainsi, le chien qui a besoin de creuser va trouver des façons de satisfaire son besoin. Par exemple, il creusera avant de se coucher sur un coussin, sur les couvertures du lit, sur le divan, dans la neige ou dans le sable, dans votre jardin (quand vous aurez le dos tourné), etc. Creuser n’est pas un problème pour le chien, ce l’est pour l’humain qui se foulera la cheville en passant la tondeuse ou pour les plantes qui seront saccagées dans les plates-bandes. Donc, quoi faire si votre chien creuse ? Offrez-lui un endroit où il est acceptable de creuser dans le jardin (derrière les pots de fleurs par exemple) ou dans un bac à sable. À l’intérieur : cachez-lui des gâteries dans un tas de couvertures afin qu’il les cherche ou offrez-lui des jouets interactifs qui demandent l’utilisation de ses pattes pour faire sortir de la nourriture. Une chose est certaine, nous ne pouvons aller à l’encontre de la génétique du chien.

3. Le chien qui jappe = mal de tête. Laissez-nous vous poser une question pour aborder ce sujet : est-ce que vous parlez, vous ? … c’est d’une évidence ! Encore une fois, le jappement est bien normal pour le chien. Évidemment, tout comme l’humain qui parle beaucoup, intensément et tout le temps, cela peut devenir particulièrement irritant ! Si nous regardons l’évolution du chien avec son processus de domestication, il est possible de se rendre compte qu’avec les années, il devenait de plus en plus vocal. Une expérience de Belyaev, en Russie, sur la domestication du renard, en est arrivée à la même conclusion : plus la sélection des renards se faisait sur leur facilité d’approche envers les humains et leur docilité, plus les renards émettaient des signaux vocaux (Gogoleva et al, 2009). Donc oui, le chien jappe, et ce, surtout avec les humains. Chaque chien apprend bien rapidement que l’humain répond mieux aux signaux auditifs que visuels. Comment avez-vous réagi lorsque votre chien a mis ses oreilles vers l’arrière en regardant passer un autre chien dans la rue ? Avez-vous remarqué ? Comment avez-vous réagi lorsqu’il s’est mis à japper ? Évidemment que les jappements sont beaucoup plus dérangeants pour nos oreilles de bipèdes, mais peu importe ce que vous avez dit afin de le faire taire « C’est juste un chien ! » ou « Non, jappe pas ! » ou « Tais-toi, il n’y a rien d’important ! », en langage canin, vous avez jappé aussi. Pour limiter les jappements de votre chien, soyez à l’affût de ses signaux corporels. Regardez les changements dans sa posture. Bien souvent, les changements de posture annoncent les jappements. Si vous intervenez plus tôt, votre chien n’aura pas besoin de japper. S’il jappe, allez le voir et dites-lui que « tout est correct », que « ça va » sur un ton calme. Et en prévention, offrez-lui une activité à distance de la fenêtre ou de la porte afin qu’il oublie son rôle de « surveillant ».

En résumé, les comportements que nous jugeons indésirables en tant qu’humain ne le sont souvent que selon notre perception à sens unique de la communication humain-chien. Avant de juger un comportement que votre chien fait, essayez de vous demander pourquoi il le fait et qu’est-ce qu’il en regagne. En tant qu’humain, nous agissons souvent sans trop y penser ; nous mangeons parce que nous avons faim, nous buvons parce que nous avons soif, et nous nous grattons parce que ça pique. Le chien agit de la même façon, et ce, pour répondre à ses besoins. Au lieu d’empêcher le chien d’agir, devenez plutôt créatif et aidez-le à répondre à ses besoins ! Vous verrez alors que votre lien avec lui se transformera en relation d’entraide et que tout le monde en sortira gagnant !

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