Cannabis : entrevue avec la Chambre de commerce du Haut-Richelieu

Yannick Marcotte, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Haut-Richelieu, occupe une position privilégiée lui permettant de bien cerner les attentes et inquiétudes des entrepreneurs d’ici. Il nous en parle.

Les gens d’affaires johannais sont-ils prêts ?

Les entrepreneurs ont beaucoup de choses à gérer, ils n’ont malheureusement pas toujours le temps de mettre en place des politiques et des procédures. Cette nouvelle réalité viendra certainement ajouter à la lourdeur administrative des chefs d’entreprise, en plus de rajouter du travail de suivi. La légalisation vient augmenter le risque de banalisation, et donc de consommation. La difficulté à mettre en place des mesures de contrôle vient hausser le risque d’accident en milieu de travail.

Sans compter la possible perte de productivité…

Tout à fait. La consommation existe déjà, mais sa banalisation vient augmenter les risques.

Sans réels outils, que faire ?  

La dynamique actuelle ne permet pas aux employeurs d’effectuer des contrôles, aléatoires ou non. Cela génère beaucoup d’inquiétude.

Quelles sont leurs revendications ?

De manière générale, ils demandent à Québec et Ottawa, selon leur degré de compétence, de leur fournir des méthodes et pratiques de détection, à coût minimes ou nuls. On demande aussi à ce que soient déployées des campagnes de prévention fortes et efficaces pour décourager l’utilisation en entreprise. Autre chose : la CAQ s’était engagée à passer l’âge légal de consommation de 18 à 21 ans. Nous aimerions voir le projet de loi être assorti d’une interdiction totale de consommation sur un lieu de travail. Comme pour l’alcool.

Ce qui changerait la donne en matière de responsabilité…

Exactement. En vertu d’une loi interdisant le cannabis en milieu de travail, la responsabilité d’un accident reviendrait entièrement à l’employé consommateur, notamment en regard avec la CNESST. Ce qui éviterait beaucoup de frais et de problèmes administratifs à l’employeur.

Croyez-vous que certains entrepreneurs auront recours à la police pour sortir un employé, et ainsi se prémunir de documents judiciaires pour obtenir le congédiement d’employés, notamment ceux syndiqués ? Ce qui viendrait réduire la zone grise qui prévaut actuellement ?

Il y a effectivement un flou à cet égard. Ça pourrait être intéressant, mais je ne sais pas si cela serait possible que la police intervienne si le consommateur ne cause pas d’autre problème que celui d’être sous l’influence. Mais si on peut obtenir l’interdiction légale en milieu de travail, cela rendrait le processus beaucoup plus simple.

Yannick Marcotte, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Haut-Richelieu.

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