Appel à l’aide!

Mes parents ne vont pas bien, je n’ose rien dire, j’ai peur de ce qui va se passer pour moi…

Même les meilleurs ont besoin des autres par moment. Mes parents sont les meilleurs pour moi, malgré toutes les difficultés, ce sont eux que j’aime tant. Je voudrais que mes parents puissent avoir du soutien. Ils ne veulent pas le demander, ils ont peur de ce qui peut se passer eux aussi.

Au cours d’une vie, c’est difficile de passer à travers certaines épreuves, c’est normal d’avoir de l’aide. Ma « TES » me le dit quand mon professeur lui demande de me sortir de la classe.

L’exigence d’être parent est sans répit, je le vois bien. Je me demande à qui le dire…c’est pour cela que je vous l’écris. Mais j’ai l’habitude de prendre mon mal en patience, peut-être que tout se règlera par magie.

C’est de ma faute aussi ; je n’arrive pas à faire comme tous les autres. Je me concentre mal en classe et je me retrouve en retrait. Je doute que je sois capable de réussir et j’ai peur…

Personne ne se lève un matin et dit « Tiens, je vais déranger le groupe, je vais exploser de colère et devoir me passer de tout ce qui est essentiel ! » Chacun veut avoir la chance de s’épanouir.

C’est pour plusieurs, une lente descente, qui se fait en glissement, pour tenter de trouver du plaisir dans une réalité remplie de frustrations. Chaque jour, je suis tenue sous des problèmes multiples, auxquels les solutions ne viennent pas. Et pourtant, j’attends dans des conditions difficiles que la vie me sourit un petit peu.

Mon cœur est avec vous, mes parents. Ma vie est entre vos mains. Je suis attaché à vous, votre sang coule dans mes veines. N’attendez pas l’irréparable avant de demander de l’aide. Malgré vos réticences, sachez que les services de la société sont mis en place pour vous soutenir dans votre rôle. Éloignez-vous de la crainte d’être jugé, elle est beaucoup moins dévastatrice que la perte de bonheur que j’éprouve. Je suis avec vous dans le silence, je tais mes souffrances pour que vous ayez le temps d’y arriver. 

Mes comportements eux, ne se taisent pas, vous le voyez bien, je vous fais fâcher si souvent en ne sachant pas comment être sage.

Je tiens, chers lecteurs, à dire, que si mes parents ne demandent pas de l’aide facilement, c’est que la peur d’être jugé vient d’un parcours de vie en communauté. De la petite école où je suis jusqu’au marché du travail où ils sont, il est usuel d’écraser les plus faibles, les moins adaptés et de miner ainsi leur estime personnelle. Depuis des générations, une question de pouvoir règne au-dessus de l’importance de prendre soin de la vie telle qu’elle est. Une hiérarchie d’importance permet de regarder de haut les gens qui ont de la difficulté à joindre les deux bouts. De sorte que ceux qui sont dans cette position ne réussissent pas à aller chercher de l’aide et restent pris avec la souffrance, le mal de vivre.

Au nom de tous les enfants, il est temps de mettre de l’avant des valeurs humanistes, de penser aux autres plus qu’à s’élever soi-même, afin que la réalité des familles, vulnérables reconstituées ou éprouvées de quelconque manière, puissent dignement aller chercher de l’aide avant que l’irréparable se produise.

Demain sera encore rempli de défis, avec en plus, un monde qui devra tenir compte des enjeux écologiques et des ressources moins abondantes.

Si vous n’êtes pas, demain matin, prêts à devenir une famille d’accueil pour un enfant vulnérable, offrez votre non-jugement, votre empathie et votre soutien à ceux qui supportent l’évolution des familles en difficulté. Personne n’est à l’abri du malheur.

Merci à tous de faire partie du changement de mentalité de notre communauté qui permettra à mes parents d’aller chercher de l’aide sans en avoir honte. Je vais pour ça, tout faire pour arriver à être sage.

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