Sortie de classes de la seconde cohorte de soudeurs de Tremcar

 Actualité locale 

Les entreprises font preuve de créativité pour faire face à la rareté de la main-d’oeuvre. L’entreprise Tremcar et la Commission scolaire des Hautes-Rivières (CSDHR) semblent avoir trouvé un filon prometteur, en mettant sur pied un programme de formation conjoint en soudure. 

Une première cohorte a gradué en décembre 2018 et la semaine dernière, 12 élèves ont complété leur formation en soudure en emportant avec eux, leur Attestation d’études professionnelles (AEP) en soudage d’aluminium. 

Formation sur mesure et rétention de talents 

Ce partenariat, entre Tremcar et le Service aux entreprises de la CSDHR permet à Tremcar de tripler le nombre de finissants détenant une AEP, calquée sur ses besoins. Pour Daniel Tremblay, président de Tremcar, « la mise en oeuvre d’une attestation d’études professionnelles en soudage » est un facteur déterminant « dans l’éclosion du talent et de la détermination des gens de la région ». 

Mais tout ce talent, il faudra bien le retenir. Et Karine Senecal, directrice des ressources humaines de Tremcar ne le sait que trop bien. « Nous devons mobiliser et intégrer nos nouveaux employés. Même si la formation est complétée, l’intégration des 50 employés n’est pas une tâche simple et nous voulons surtout avoir un succès de rétention. » 

La présidente de la CSDHR croit au projet dur comme fer. « Il s’agit d’une initiative porteuse d’avenir. Elle illustre parfaitement le rôle clé de cette fructueuse collaboration entre les entreprises de la région et le Service aux entreprises de la CSDHR dans cet objectif commun d’alimenter un bassin de main-d’oeuvre qualifiée et disponible. Ils (Tremcar) choisissent d’investir dans leurs propres rangs. Personnellement, c’est ce que je veux qui soit cité en exemple » affirme Andrée Bouchard. 

La Commission scolaire et Tremcar qui ont quand même procédé à quelques ajustements en cours de route, notamment en intégrant les stages en milieu de travail à la mi-parcours de la formation de 675 heures. « Ils ont pu aller voir à même le marché du travail, s’ils pouvaient envisager de faire un bout de carrière chez Tremcar en soudure » précise Andrée Bouchard. La formule veut que Tremcar défraie les coûts de la formation des étudiants. L’entreprise leur offre aussi un salaire durant la formation et le stage. Le candidat s’engage de son côté et dès ses études, à demeurer à l’emploi de Tremcar pendant un certain temps. 

De camionneuse à soudeuse 

La formule a su plaire à Nadia Paquet, une ancienne camionneuse. À l’âge de 44 ans, elle prend connaissance du programme, une semaine après le décès de son père en décembre dernier, lui-même soudeur de profession. « Je me suis dit bon, c’est un signe ! ». Nadia Paquet travaille déjà en usine. Dès son retour des vacances, un poste lui sera officiellement attribué. « J’ai toujours été le tom-boy de mon père et il m’a toujours dit que même si j’étais une femme, que j’étais mieux que bien des hommes ». Mme Paquet troquera sa cabine pour le casque de soudure. « Quand je soude et que je baisse mon casque, je tombe dans mon monde », décrit Nadia, qui profitait jadis de la solitude du camionnage pour suivre des cours audio de langues. Elle se vante aujourd’hui de parler de manière imparfaite le polonais, le coréen, l’espagnol, l’anglais. « C’est sûr que j’étais la seule femme. J’ai bien apprécié que Tremcar me donne une chance. Puis Tremcar, ce n’est pas le bas de gamme non plus, alors il faut performer » dit celle qui est la première femme à être acceptée dans le cours de formation. 

L’initiative est financièrement soutenue par le Fonds de développement et de reconnaissance des compétences de la main-d’oeuvre. La Caisse Desjardins du Haut-Richelieu a aussi offert à six élèves des bourses de 500 $. Une autre cohorte débutera possiblement en janvier 2020, précise Tremcar. Les candidatures sont ouvertes ! 

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