Un défilé du père Noël dans le Vieux-Saint-Jean

C’était un jour de fin d’été parmi tant d’autres. La brise soufflait tantôt le chaud, tantôt le froid. Comme à son habitude, septembre se balançait entre deux saisons.

Assis sur son lit, Loïc secoua la boule à neige qu’il venait de trouver dans le tiroir de sa table de nuit. Sous son regard émerveillé, les joyeux personnages de Noël semblaient vouloir s’animer et danser sous les doux flocons qui tourbillonnaient. Puis, il leva la tête et observa à travers la fenêtre de sa chambre les arbres encore vêtus de vert. Enfin, il soupira d’impatience. Plus que 104 dodos avant Noël, pensa-t-il.

Loïc connaissait bien le père Noël. Car, tout comme les autres enfants, une fois l’an, il s’assoyait sur ses genoux et lui confiait bien des secrets. Mais bien qu’il fût pressé de vivre ce moment merveilleux avec le célèbre bonhomme rouge, il se contenta de la minuscule imitation qui trônait au sein de sa précieuse trouvaille.

Silencieux, il dégusta le plaisir de contempler la scène qui se jouait dans la boule à neige : un défilé de Noël. En son for intérieur, il se demanda pourquoi il n’y avait pas de défilé du père Noël à Saint-Jean-sur-Richelieu. Perdu dans ses pensées, voilà qu’il eut soudainement l’impression que la statuette de père de Noël lui avait fait un clin d’œil. Était-ce le fruit de son imagination ? Loïc fouilla le fond du tiroir de sa table de nuit, récupéra ses lunettes et observa l’objet de plus près.

Son cœur fit trois tours. Et parce qu’il sursauta, il échappa le jouet sur son lit. Cette fois, il avait bien vu : la statuette de papa Noël lui avait bien fait un clin d’œil. Sourire fendu jusqu’aux oreilles, Loïc eut soudainement l’idée du siècle !

Alors que son papa s’affairait dans le garage, que sa maman coloriait son visage devant la glace de la salle de bain, Loïc, tel un lutin taquin, s’immisça dans la cuisine et ramassa tous les biscuits qu’il put trouver ! Dans le fond d’un placard, il dénicha aussi un joli panier rouge et un sac-cadeau. Ensuite, il enfila ses bottes, son foulard, son bonnet de laine, ses mitaines et son habit de neige. Puis, en catimini, il sortit. Sur le perron, il déplia sa carte du monde et partit en direction du pôle Nord.

Il marcha longtemps, sans se décourager, animé par la meilleure des idées. Il prit le train, le bateau puis l’avion. Enfin, il atterrit chez le père Noël, qui, bien que surpris, l’accueillit chaleureusement. Loïc lui proposa sa merveilleuse idée. Mais l’homme à l’habit rouge n’accepta pas aussi facilement. Et ce n’est que lorsque Loïc lui remit un immense panier rempli de biscuits que papa Noël consentit à participer et collaborer à l’organisation du défilé de Noël du Vieux-Saint-Jean.

Heureux de cette nouvelle entente, Loïc salua son bon ami, reprit l’avion, le bateau, le train et rentra chez lui en même temps que la nuit.

La lune, les étoiles et Loïc ronflèrent pendant quelques heures à peine. Puis, le matin se pointa le bout du nez.

Ensommeillé, et croyant qu’il avait rêvé sa rencontre avec le père Noël, Loïc se traîna les pieds jusque dans la cuisine. Il tira une chaise puis s’assit à côté de sa mère qui avait la tête cachée derrière Le Courrier.

« As-tu bien dormi ? questionna sa maman.

– J’ai rêvé au père Noël…

– C’est drôle, je viens de lire qu’il y aura un défilé du père Noël à Saint-Jean.

– Hein ?! Quand ? demanda Loïc, fébrile.

– 1er décembre ! En passant, peux-tu me dire où sont passés tous les biscuits ?

Loïc réalisa alors qu’il avait bel et bien rencontré le père Noël.

– Aucune idée, maman. Aucune idée, répondit-il en croisant ses doigts dans son dos. »

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