T.REX : à un cheveu du succès

Plusieurs artistes ont connu ce que j’aime appeler un demi-succès. C’est à dire, qu’ils ont une ou deux chansons que les gens connaissent. Par contre, le public n’a aucune idée de qui a créé ces oeuvres musicales. Parfois, le monde du showbusiness peut être ingrat. Ce qui est considéré le goût du jour peut devenir démodé, sans cérémonie, en un rien de temps. Il y a aussi ces musiciens qui sont passés près du succès, mais qui n’y sont pas parvenus, dû à plusieurs circonstances.

T.Rex est un groupe britannique, ou plutôt l’affaire d’une personne, soit Marc Bolan, qui en était le cerveau, et qui aurait dû, selon moi, connaître un plus grand succès. Certes, T.Rex possède son groupe d’irréductibles, mais en général, surtout ici en Amérique du Nord, la formation demeure plutôt inconnue pour un grand nombre de mélomanes. Personnellement, j’ai commencé à m’intéresser à T.Rex vers environ 1993, alors que j’étais à New York pour voir un concert et avant que celui-ci ne commence, on pouvait y voir différents vidéos d’artistes. Lorsque j’ai vu celui de T.Rex avec la chanson « Jeepster », j’ai été fasciné. Après tout, je ne connaissais que leur plus grand succès, soit Bang a Gong (Get it on).

Bien des années plus tard, soit vers 2000, je me suis procuré l’album « Electric Warrior », qui a vu le jour en 1971. J’ai été estomaqué de constater que « Bang a Gong » n’était pas, à mon humble avis bien sûr, la meilleure chanson sur ce chef d’œuvre. J’y ai découvert les « Cosmic Dancer », « Rip off », « Mambo Sun » et plusieurs autres. Bolan est, sans contredit, un grand compositeur, un excellent musicien et un talentueux chanteur en plus de posséder une prestance scénique peu commune. Il mise beaucoup sur son image mais livre la marchandise musicalement.

D’abord connue sous le nom Tyrannosaurus Rex, la formation a sortit pas moins de 13 albums studio entre 1968 et 1977. Pour être franc, je ne connais pas tous les albums de T.Rex, mis à part « Electric Warrior » mentionné plus haut ainsi que le dernier opus, soit « Dandy in the Underworld », sorti en mars 1977. Celui-ci se voulait un genre de retour aux sources pour Marc Bolan qui avait connu une période plus creuse entre 1974 et 1976. Même qu’en août 1977, Bolan aura sa propre émission télé de variétés musicales en Angleterre. Elle connaîtra assez de succès pour que la chaîne qui distribue celle-ci demande une deuxième saison, mais le sort en voudra autrement.

Bien que l’année 1977 s’annonçait pour être celle qui ferait en sorte que T.Rex aurait peut-être la chance de connaitre enfin le succès international, le destin mettra cruellement fin à tout espoir avant que ceci ne se réalise. En effet, dans la nuit du 15 au 16 septembre de cette même année, Marc Bolan et sa copine, Gloria Jones, quittent un bar aux petites heures du matin. Gloria conduit alors la Mini Austin appartenant à Marc car celui-ci ne conduit pas. Pendant le trajet, Gloria perd le contrôle de la voiture et frappe un arbre de plein fouet, tuant instantanément Marc Bolan, à quelques jours de ses 30 ans. Dans ces circonstances tout à fait tragiques, le rock venait de perdre un des artistes les plus prometteurs pour la relève.

Plus de 40 ans après ce triste événement, la musique de Marc Bolan reste néanmoins plus vivante que jamais. Bien des artistes comme David Bowie et Def Leppard notamment, n’ont jamais caché leur admiration pour  T.Rex et ce qu’il a apporté pour la musique. Sans rien enlever à tout autre artiste, force est de reconnaître que Marc Bolan était un artiste fort original, qui n’a copié personne et a su créer et avoir sa propre identité musicale. Je serais curieux de savoir où il en serait aujourd’hui s’il n’avait pas connu une fin aussi abrupte et dramatique.

 

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