« Saint-Jean ne se met pas en situation pour recevoir des investissements » – Claude Bachand

Claude Bachand, ex-député fédéral et candidat à la mairie de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Élu en 1993 sous la bannière du Bloc québécois, et réélu en 1997, 2000, 2004, 2006 et 2008, Claude Bachand se présente de nouveau en tant que candidat à la
mairie de Saint-Jean-sur-Richelieu. Lisez ce qui suit…

Si vous êtes élu maire en novembre prochain, quelle sera votre première priorité ?

Le développement économique. Saint-Jean-sur-Richelieu est dans un marasme, bien qu’on essaie de nous faire croire le contraire. Il faut reconstruire notre image de marque et reprendre notre place à l’échelle provinciale et internationale. Il y a quelques années, lorsque j’étais député, je visitais souvent les ambassades et consulats étrangers, là où on retrouve des attachés culturels, commerciaux et militaires, et où il est possible de déceler des investissements potentiels. Ensuite, il importe de faire bénéficier nos entrepreneurs de ressources communes, afin d’alléger leur bilan d’achat. Par exemple, en les logeant à la même enseigne, ils épargnent sur les photocopieurs, les imprimantes et autres. La gouvernance, la culture, l’environnement, le transport et la famille sont aussi au programme de mon équipe.

En quoi votre expérience peut-elle faire la différence pour les Johannais ?

J’ai été réputé pour être le député le plus international puisque j’ai mes entrées dans plusieurs ambassades et consulats. J’ai toujours été à l’affût des délégations internationales, notamment en matière d’aéronautique et d’aérospatial. J’ai d’ailleurs cofondé, avec l’astronaute Marc Garneau, le caucus aérospatial à Ottawa, et mené des délégations internationales d’aérospatial à Washington. J’ai aussi beaucoup de contacts en Europe, notamment en France et en Angleterre. Ma vision et mon expérience des débats ajoutent aussi aux atouts de ma candidature.

Et au niveau local ?

J’ai toujours travaillé pour la population. Je citerai l’exemple où j’avais aidé plus de 1000 personnes du comté à réclamer les sommes auxquelles ils avaient droit mais qu’Ottawa leur cachait. J’avais ainsi obtenu que cela devienne un automatisme. J’avais aussi été défendre les droits des producteurs laitiers lors des négociations de l’ALENA.

INVESTISSEMENT
ET POSITIONNEMENT

Il y a quelques mois, le chef de la CAQ, François Legault, est venu scander que Saint-Jean-sur-Richelieu ne recevait pas sa juste part d’investissements de la part des grands fonds, tels que Investissement-Québec. Mais, ces fonds investissent selon des politiques établies, notamment en matière de grappes industrielles et de secteurs à fort potentiel, qui sont peut-être présents ou naissants ici, mais pas assez significatifs. Croyez-vous que Saint-Jean soit un terreau fertile pour ce type d’investissement ?

Il existe une grappe aéronautique reconnue à Montréal. Elle est dirigée par Suzanne Benoît, que je connais bien pour l’avoir côtoyé en tant que vice-président du caucus aérospatial. Je peux lui téléphoner, faire valoir notre aéroport, organiser une visite et négocier des ententes avec elle. L’électrification des transports apparaît aussi comme un secteur qui pourrait susciter des occasions d’investissement. Je répondrai à votre question en disant que Saint-Jean ne se met pas en situation pour recevoir sa juste part. On parle d’Investissement-Québec, mais il ne faudrait pas oublier Ottawa, qui néglige aussi Saint-Jean-sur-Richelieu.

À Saint-Jean-sur-Richelieu, le dossier patate chaude que les élus se passent depuis longtemps est celui du stationnement au centre-ville. Votre opinion à ce sujet…

Plusieurs solutions sont possibles. Les stationnements étagés, comme ceux aménagés à Burlington, au Vermont, par exemple, qui sont très bien. Il faudrait aussi discuter de la présence des horodateurs. Si on veut attirer davantage de gens au centre-ville, il faudrait revoir cette politique, en sachant que les consommateurs qui vont au Dix30 ou ailleurs ne paient pas de stationnement… bien que ce dernier soit fort abordable comparativement à Montréal. On pourrait aussi réfléchir à la possibilité d’en faire une avenue pédestre.

En septembre dernier, lors d’une séance du conseil municipal, vous avez dévoilé une étude de Statistique faisant état de la précarité économique de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Le maire n’a pas compris que je parlais de mon quartier, le J3A, qui est décrit comme le plus pauvre. Cela dit, il faut développer nos ressources pour créer un meilleur environnement économique pour toute la ville. Je crois dans le très fort potentiel de développement de l’aéroport. La Ville a beaucoup de difficulté avec ce dossier puisqu’il n’y a pas de solution à l’horizon, et ce, après 30 ans. Ils demandent l’opinion d’experts en aéronautique. Pourtant, lorsque je vais au conseil pour mentionner que je connais Boeing, Lockheed Martin et les compagnies aériennes italiennes, que j’ai agi à titre de chef de délégation dans ce domaine pour d’autres partis politiques qui venaient me chercher, mes intentions restent lettre morte, et ce, pour des raisons partisanes… Les recommandations du comité Bachand Aéroport sortiront bientôt, avant l’élection. Pour répondre à votre question, développer l’aéroport, c’est développer l’aéronautique, et on parle alors d’emplois très bien rémunérés…

Quelle est votre perception
des besoins du milieu
communautaire ?

J’ai travaillé longtemps à la CSN et j’ai été près des groupes communautaires. D’ailleurs, en 2013, lors de la précédente campagne électorale, j’ai rencontré et visité 60 groupes communautaires. Sans leur engagement, la société cesserait de fonctionner. Ce qui déborde du secteur public ou parapublic, c’est le communautaire qui s’en occupe. Ces gens devraient être davantage rémunérés.

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