Restants d’hiver

Avez-vous sorti vos gants ? Votre tuque ? Votre foulard ? Ou plutôt, devrais-je dire, avez-vous des gants ? Une tuque ? Un foulard ?

Je ne sais pas vous, mais moi, à chaque année, je dois racheter un des essentiels de la saison froide. Soit les gants. Soit la tuque. Soit le foulard.

Avez-vous remarqué que l’hiver abîme même ce qui est conçu pour l’affronter ? Que les tempêtes de neige avalent toujours des extraits de notre armure ? Oui, bien au-delà de l’usure, durant les mois froids, on perd tous un morceau par-ci, par-là.

Allez savoir pourquoi.

Il faudrait attacher nos accessoires à l’aide d’une jolie corde de laine, tout comme on attache les mitaines des tout-petits.

Si nous fouillions les boîtes d’objets perdus des écoles, bibliothèques, restaurants et centre commerciaux qui occupent notre territoire, nous pourrions habiller la tête, les mains et le cou de tous les habitants d’un pays du tiers-monde.

Si seulement il faisait froid dans ces pays…

L’hiver dernier, j’ai perdu mes beaux gants en cuir. Du moins, c’est ce que je croyais. J’ai dû terminer la saison en me faisant des mitaines à l’aide des manches de mes chandails de laine. Tout récemment, j’ai retrouvé mes beaux gants en cuir. Ils dormaient sagement dans leur lit : mon placard. Comme si je les avais rangés.

Je vous jure que non.

Puis, j’ai compris. Compris qu’eux aussi, parfois, ils boudent le froid. Et ils font comme nous : ils fuguent.

Alors, avant d’aller tout racheter, fouillez bien vos placards. Il y a fort à parier qu’ils y soient sagement couchés, comme s’ils n’avaient jamais déserté.

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