Qui sont ces corps non réclamés à Saint-Jean-sur-Richelieu ?

Ils ont eu des parents, des amis peut-être même des enfants. Aujourd’hui, des mois, voire des semaines après leur décès, ils sont toujours stockés à la morgue et attendent d’être réclamés pour enfin connaître le repos éternel en terre sanctifiée. Chacun de ces corps non réclamés a une histoire. Mais laquelle ? Comment expliquer cette absence de réclamation ?

Méthodes et pratiques à la morgue

Louis-Charles Primeau, agent d’information, direction adjointe des communications, relations médias et projets spéciaux, CISSS de la Montérégie-Centre, a accepté de répondre à quelques questions dont les réponses permettent de mieux comprendre le traitement et la gestion des corps non-réclamés.

«  La définition d’un corps non-réclamé, selon l’article 57 de la Loi sur les laboratoires médicaux, la conservation des organes et des tissus et la disposition des cadavres est la suivante : « Un corps est réputé non réclamé lorsque le conjoint, ou, à défaut ou en l’absence de celui-ci, les proches parents jusqu’au degré de cousin germain inclusivement déclarent par écrit qu’ils n’ont pas l’intention de le réclamer, s’en désintéressent manifestement pendant au moins 24 heures après avoir été avisés du décès ou n’ont pu être trouvés à l’expiration des 24 heures suivant la production d’un rapport des recherches effectuées par un service de police. »

Dans une situation où une personne décédée n’a pas de famille apparente, l’établissement vérifie d’abord au dossier si des personnes contacts sont enregistrées, ajoute ce dernier.

Si aucune personne contact n’est enregistrée au dossier, l’établissement transmet les renseignements au service de police afin que celui-ci fasse une enquête et tente d’identifier des membres de famille. Les corps non-réclamés demeurent à la morgue tant et aussi longtemps que l’enquête du service de police est en cours.

Si les résultats de l’enquête s’avèrent non-concluants, le corps est remis à la science.

Du côté du Service de police

L’agente Julie Maria Lang, inspecteur de la division des enquêtes criminelles à Saint-Jean-sur-Richelieu, a aussi accepté de répondre à nos questions.

1) Comment une enquête se déploie-t-elle dans ce genre de cas ?

« Le centre hospitalier communique avec le service de police pour l’ouverture d’une enquête sur un corps non réclamé. Le dossier est transmis à un enquêteur. Une série de recherche est alors enclenchée. Par exemple : une recherche dans nos banques de données policières, recherche dans les sources ouvertes, contacts avec le propriétaire du logement s’il y a lieu, avec le curateur public pour tenter de localiser famille et/ou ami(s), communiquer avec ces derniers pour identification positive du corps, etc. Si la recherche est positive, les personnes en mesure d’identifier le corps sont invitées à communiquer avec le coroner. Si elle est négative, le bureau du coroner est avisé, et l’enquête est close ».

2) Internet a-t-il changé la donne dans les méthodes de recherche ?

« Oui, l’accès à toutes les sources d’informations ouvertes est plus grand, et cela améliore la rapidité des recherches ».

3) Quels sont les types de corps non réclamés ? Des gens coupés de leur famille, des itinérants ou autre ?

« Nous n’avons pas d’historique sur cette donnée, qui n’est pas pertinente pour ce type d’enquête policière ».

4) Arrive-t-il qu’un proche se manifeste plusieurs mois après le décès ?

«  Cette situation ne s’est jamais produite au Service de police de Saint-Jean » .

ENCADRÉ2

Ces dépouilles qui ont un nom

Dans le but de voir ces dépouilles être réclamées et de les voir obtenir le repos dans un cimetière de Saint-Jean-sur-Richelieu, Le Courrier publie ici la liste de ceux en attente du repos éternel :

  • Jean-Paul Paré, né le 24 mars 1940 (268, rue Bouthillier Nord). Le coroner a pris avis le 25 avril 2018;
  • Jean Pelletier, né le 1er décembre 1944 (16-900, rue Beaudry). Le coroner a pris avis le 4 septembre 2017;
  • Léonie Larocque, née le 15 août 1966 (3-4, rue Victoria). Le coroner a pris avis le 30 juin 2017;
  • Maurice Haineault, né le 27 octobre 1950 (260, rue Jacques-Cartier). Le coroner a pris avis le 30 août 2017;
  • Claude Quintin, né le 16 février 1966 (805, rue Content). Le coroner a pris avis le 16 mars 2017;
  • Hélène L’Écuyer, née le 23 mai 1943 (2-404, rue Davignon). Le coroner a pris avis le 25 juin 2017;
  • Mario Rousseau, né le 10 décembre 1957 (Saint-Jean-sur-Richelieu). Le coroner a pris avis le 12 février 2015;
  • Serge Mayer, né le 5 avril 1949 (21-1010, rue de Normandie). Le coroner a pris avis le 13 septembre 2014;

En région

  • Wai-Hing Chiu, né le 5 octobre 1926 (1185, rue Auger, à Carignan). Le coroner a pris avis le 1er mars 2015;
  • Michel Huard, né le 3 août 1967 (11-265, rue Ostiguy, à Chambly). Le coroner a pris avis le 16 mars 2018;
  • Léandre Cantin, né le 21 mars 1943 (148, 13e Avenue, à Richelieu). Le coroner a pris avis le 25 janvier 2018;
  • Georges-Henri Bernier, né le 20 avril 1954 (523, rue Saint-Joseph à Marieville). Le coroner a pris avis le 7 avril 2015.

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