Le premier maire d’Iberville – Robert Jones : l’homme, le pont et la rue

L’histoire d’une ville est parsemée de personnages qui ont marqué des étapes importantes dans son histoire. Aujourd’hui, je rappelle l’histoire d’un de ces personnages : Robert Jones, le premier maire d’Iberville (à l’époque la municipalité s’appelait Christieville).

Le 23 décembre 1846, on assista à l’érection du Village de Christieville né de la scission de la Paroisse de St. Athanase. De 1847 à 1849, son premier maire sera Robert Jones.

L’homme

Né le 19 août 1791 à Sorel (appelé à cette époque William Henry), il était le fils de John Jones Jr. et de Marie-Magdelaine Heney.

Son père, John Jones Jr. est né à Montréal, en 1761, fils de John Jones, Sr., quartier-maître dans l’armée britannique, originaire du pays de Galles.

Le père de John Jones Jr., le colonel John Jones senior, est arrivé de New York avec son régiment au Canada, afin de prendre possession du pays avant la cession finale. Il était quartier-maître et resta une semaine à Montréal, lors de laquelle John Jones Jr. est né. John Jones Jr. fut le premier sujet britannique né à Montréal. (Source : History and Biographical gazeeter of Montreal to the year 1892, p.481) Le Régiment partit ensuite vers la ville de Québec, puis retourna à New York et il a été nommé commandant du Fort Edward. Lorsque la Guerre de l’Indépendance éclata, il s’enfuit avec sa famille au Canada.

John Jones Jr. s’établit avec sa famille à Sorel. Il fut Major dans le 2e bataillon de milice des Cantons-de-l’Est pendant la guerre de 1812, prit part à la bataille de Plattsburgh ; promu lieutenant-colonel le 3 avril 1821, aurait servi aussi dans la milice volontaire du district de Montréal. Il fut inspecteur de potasse à Sorel. Il fut élu député de Bedford en 1809 ; appuya le Parti des bureaucrates. Il ne s’est pas représenté en 1810. Il fut de nouveau élu dans la même circonscription en juillet 1820, mais l’élection fut annulée le 31 décembre 1821 ; il donna son appui tantôt au Parti canadien, tantôt au Parti des bureaucrates.

Il épousa devant un ministre anglican, à Montréal, le 15 août 1786, Marie-Magdelaine Heney, fille de Hugh Heney, employée de la Compagnie du Nord-Ouest, et de Marie-Madelaine Lepailleur.

Il a eu six (6) enfants : William (1790-1811), Robert (1791-1874), Charles Hugh (1794-1876), Edward Thomas (1805-1878), Marie-Anne (1807-1883) et Thomas Walter (1810-).

Il est décédé à Saint-Jean-sur-Richelieu, en 1842.

Ainsi, Robert Jones était le deuxième enfant de John Jones Jr.

Nommé conseiller législatif le 2 août 1832, il conserva son siège jusqu’à la suspension de la Constitution, le 27 mars 1838. Élu député de Missisquoi en 1841 ; Tory (conservateur). Il ne se serait pas représenté en 1844. Nommé Conseiller législatif du 16 janvier 1849 jusqu’à sa démission en 1850 ; l’annonce de sa démission fut faite au Conseil législatif, par le gouverneur, le 22 mai 1850.

Il a été conseiller de Saint-Athanase au conseil du district municipal de Saint-Jean de 1841 à 1845 ; puis, premier maire de Christieville de 1847 à 1849.

Il épousa Caroline Jones le 3 avril 1828 à l’Anglican Christ Church Cathedral
de Montréal.

Ils eurent cinq (5) enfants entre 1832 et 1842 : Mary Elizabeth, Helen Maria, Emelie, Carloine Martha et Richard.

Il est décédé à Montréal, le 21 janvier 1874, à l’âge d’environ 80 ans. Après des obsèques célébrées en l’église anglicane St. George de Saint-Anne-de-Bellevue, il fut inhumé dans le cimetière Mont-Royal (Outremont), le 23 janvier 1874.

Le pont

Robert Jones fit construire le premier pont reliant les villages de Saint-Jean et de Christieville, grâce à une loi spéciale qu’il a obtenue en 1826.

Entièrement fait de bois et blanchi à la chaux, le pont Jones, dans l’axe de la rue Saint-Charles, était à péage et était surnommé « le pont blanc ». Il fut utilisé jusqu’en 1917 puis remplacé par l’actuel pont Gouin.

La rue

La ville de Saint-Jean-sur-Richelieu a honoré Robert Jones en nommant une rue du secteur Saint-Athanase nord en son nom. Cette petite rue est perpendiculaire à la rue Guertin qui est parallèle à la rue Conrad-Gosselin. Plus de cinquante (50) immeubles se trouvent sur la rue. Lors de l’élection municipale de novembre dernier, la rue comptait quatre-vingt-cinq (85) électeurs.

Myroslaw Smereka
Ex-maire de
Saint-Jean-sur-Richelieu

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