Portrait du 7e Art

Gabriel Marian Oséciuc : « Silence, on tourne ! »

Tournages à l’Espace MÖICO et dans le Vieux-Saint-Jean

En août et septembre derniers, l’Espace MÖICO et le Vieux Saint-Jean recevaient la visite du comédien, cinéaste, caméraman et producteur Gabriel Marian Oséciuc. Le vernissage de l’exposition l’Holocauste au cœur de l’Apocalypse de Gabriel Landry et du collectif d’été, l’incitent à créer une nouvelle scène pour son film de fiction Le secret de l’Arc-en-ciel, dans lequel l’artiste peintre Gabriel Landry joue en quelque sorte son propre rôle, en tant que peintre. La lecture du poème Bonheur, de Michelle Dozois, lui insuffle le désir de réinventer, ultérieurement, de manière cinématographique, le jour du vernissage dans ce milieu qu’il trouve si intéressant, différent, inspirant, où se marient co-travail, art et poésie dans un cadre stimulant, celui du Vieux-Saint-Jean.

En Première : Samedi 29 septembre !

Plus d’une trentaine de figurants et comédiens participent au tournage de ces séquences. On vous présentera cette vidéo d’une durée de près de 25 minutes, ‘En Première’, samedi 29 septembre, pendant les Journées de la culture, vers 14 h, suivie d’un entretien avec le producteur Gabriel Marian Oséciuc. Cet événement se déroulera pendant le vernissage de la nouvelle exposition, Envol Poétique, qui s’y déroule de 13 h à 16 h, mettant cette fois en vedette une artiste de la relève, Caro Brousseau. Mais, qui est donc Gabriel Marian Oséciuc ? Je vous invite à découvrir son passionnant parcours.

Sa carrière en Roumanie

Né en Roumanie en 1950, Gabriel Marian Oséciuc se différencie des autres de bien des manières. Un jour, à 9 ans, en revenant de l’école à Braïla, ville du bord du Danube où il habitait, un producteur qui y tourne un film en coproduction France – Roumanie, le remarque. Il essaie sans succès de l’aborder. Mais, il apprend qu’il fréquente l’école no 10. Le lendemain, il s’y rend, décrit l’enfant, que la direction reconnaît facilement avec ses cheveux blonds et ses yeux bleus. Il leur explique le sérieux de sa démarche car il aimerait faire jouer Gabriel dans son film, en tant qu’artiste-figurant. Il rencontre la grand-mère de Gabriel, qui en a la charge, et elle y consent. Dès son audition, on se surprend de son talent inné, on le fait apparaître à plusieurs reprises dans ce premier film dont il fait partie, intitulé Codin, un des plus grands films de la Cinématographie Roumaine. Depuis cet instant précis, subjugué par cette passion pour le 7e Art, Gabriel sait que sa vie deviendra du cinéma ! Plus tard, il continuera son apprentissage à la Faculté de Théâtre, Cinéma et Télévision de Bucarest, un programme pourtant si contingenté. Très peu de jeunes gens arrivent à s’y frayer un passage. Mais les antécédents cinématographiques de Gabriel jouent en sa faveur. Suite à ses études, il reçoit de chaleureuses recommandations de la part de ses professeurs auprès des producteurs qui y affluent pour venir y dénicher de nouveaux jeunes artistes.

Gabriel Oséciuc obtient son premier grand rôle principal, dans le film, Zidul, (Le Mur), un film biographique paru en 1974. Il interprète le rôle d’un typographe caché dans une chambre murée pendant deux ans, pour imprimer des manifestes servant à la résistance contre l’occupation nazie pendant la seconde Guerre Mondiale. Découvert par les Services secrets allemands, on le tue. Il devient un héro national de la résistance roumaine. Les offres s’enchaînent par la suite et dans son deuxième film, Par les cendres de l’Empire, il obtient aussi le rôle principal. Ce film de grande envergure retrace la Première guerre Mondiale mettant en scène plus de cents acteurs et mille figurants. Il devient encensé par la critique comme ‘Meilleur film de guerre de l’histoire de la Cinématographie Roumaine’. Puis, pour son troisième film, il incarne Aurel Viaïcu, premier ingénieur et aviateur roumain qui a construit de ses mains son avion, en 1910. Décédé lors d’un écrasement, il devient lui aussi, un héro national.

Ensuite, Gabriel Oséciuc devient réalisateur pigiste à la Télévision Roumaine et il joue aussi au théâtre de Bucarest à temps plein, pendant dix ans, une véritable usine théâtrale qui présente trois spectacles par jour, dans des salles toujours bondées. On y emploie deux cents cinquante comédiens à temps complet. Les Roumains s’évadent de leurs problèmes oppressifs dans les aléas culturels…

« Le système politique communiste commence à couper les élans créateurs du monde artistique, les productions de théâtre, le cinéma et la télévision. La télé ne produisait plus que deux à trois heures d’émissions par jour, principalement axées sur leur chef, Nicolae Ceausescu et ses activités politiques. » Confie Gabriel Marian Oséciuc. « La Roumanie devient une prison, on y interdit les voyages en occident. » Il a la chance de faire partie d’une tournée théâtrale qui se rend au Liechtenstein, en Suisse, en Belgique et en Allemagne. Après la dernière représentation, il ne remonte pas dans l’autobus qui ramène les comédiens en Roumanie et demande l’asile politique en Allemagne.

La clef de la libération

Ne disposant que de quelques effets personnels avec lui, Gabriel Marian Oséciuc avait quand même pris soin d’emporter un trésor avec lui : une page d’une revue sur le Cinéma, qui le consacrait. Cette clef de la liberté facilita son acceptation en Allemagne, pour un an, le temps de trouver une solution à sa situation. Gabriel parlait roumain et français. Il recherchait une terre d’accueil francophone. Il apprend qu’il existe au Canada un endroit où l’on parle en français, le Québec. Il fait sa demande et un an plus tard, il y fait son entrée en tant que réfugié politique.

Enfin le Québec

Gabriel Marian Oséciuc arrive à Montréal en 1987. Six mois plus tard, il passe à l’émission Les démons du midi, animée par Gilles Latulipe et Suzanne Lapointe, à Radio-Canada. Il livre alors un récital qu’on pourrait qualifier de poétique, chante et danse, accompagné par un violoniste traditionnel roumain. On l’y remarque et lui offre un premier rôle. Il incarne l’un des personnages principaux, Frederick Müller, un jeune géologue allemand, dans le téléroman de Pierre Gauvreau intitulé Cormoran, tourné à Kamouraska. Il y rencontre l’amour de sa vie. Et depuis trente ans, Gabriel Marian Oséciuc, poursuit sa carrière à la télé et au cinéma d’ici et d’ailleurs, complète d’autres études universitaires en cinéma, enseigne le jeu théâtral, cinématographique et télévisuel, devient caméraman professionnel et producteur indépendant de films et télévision.

Vous pouvez en apprendre davantage sur Gabriel Marian Oséciuc, au cinéma, à la télévision, les prix qu’il s’est mérité, sur Agence Jocelyn Robitaille.ca ou sur YouTube, sous son nom. Vous pouvez même le revoir dans la série Cormoran qui joue actuellement en reprise sur ArtTv et il fait partie de la distribution dans la série Opérations Narcos que l’on pourra voir dès le 7 octobre à TVA.

Vous pouvez, encore mieux, le rencontrer personnellement et venir voir la séquence qu’il a réalisée pour nous sur le Vieux Saint-Jean, jusque dans l’Espace MÖICO, où l’on vous invite à le regarder, en primeur, samedi 29 septembre, à 14 heures, au 100, rue Richelieu, suite 220 (Place Héritage), Saint-Jean-sur-Richelieu. Entrée libre. Bienvenue à tous ! culture@espacemoico.com

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