Le paradoxe du maire Alain Laplante

J’écoutais la séance du conseil municipal de la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu du 22 janvier dernier sur Youtube. À un certain moment, le maire a fourni, comme c’est son habitude, des réponses à des questions posées par des citoyens lors des séances précédentes. Référant aux questions de M. Dominique Pétrin lors de la séance du 18 décembre 2017, le maire a mentionné que le dossier était maintenant judiciarisé entre lui et la Ville. Donc, il ne peut plus faire de commentaires. Il a ensuite parlé que lors des périodes de questions, les citoyens doivent agir de façon respectueuse envers les élus. En entendant cela, j’ai été sidéré.

Il est vrai que la Ville a un Règlement sur ce sujet. Le RÈGLEMENT No 0001 Règlement relatif à la régie interne du conseil municipal de la Ville de Saint-Jean-Iberville et au maintien de l’ordre durant ses séances adopté lors de la séance spéciale du conseil municipal de la Ville de Saint-Jean-Iberville, tenue le 5 mars 2001.

Son ARTICLE 6 DÉCORUM mentionne

Le maire ou la personne qui préside maintient l’ordre et le décorum durant les séances du conseil municipal. Il peut ordonner l’expulsion de l’endroit où se tient une séance de toute personne qui en trouble l’ordre, notamment

a) en utilisant un langage grossier, injurieux, violent ou blessant ou en diffamant quelqu’un ;

Cependant, je me suis vu face à face à ce que j’appelle le « Paradoxe du maire Alain Laplante ».

Je m’explique. Dès la première séance du conseil municipal, on a constaté qu’il n’y avait pas de policier en faction et que des sièges pour le public avaient été placés derrière les conseillers municipaux. Ce dernier point était digne d’une passionnante pièce de théâtre où le bon peuple était là pour surveiller les conseillers municipaux. Il n’y avait aucun citoyen assis derrière le maire ! Sur le coup, la possibilité d’un problème de sécurité m’est venue à l’esprit. À la séance suivante, le maire a dit que la police a étudié la situation et que quelques ajustements ont été faits. Tout était sécuritaire.

Mais, c’est là que je m’étais posé une question. Combien de citoyens l’ex-maire Michel Fecteau avait éjecté de la salle du conseil durant les quatre (4) années comme maire et pourquoi ? Ayant fouiné le sujet, j’ai pu constater qu’aucun citoyen n’a été éjecté pour des raisons sécuritaires. Cependant, un seul l’a été pour non-respect du Règlement ci-haut mentionné.

Cela s’est produit lors de la séance du 16 novembre 2015. Le sujet était les conclusions du MAMOT (Ministère des Affaires Municipales et Occupation du Territoire) concernant le site de l’ex-Singer. Les citoyens Alain Laplante et Guy Grenier ont demandé au maire comment il pouvait être solidaire de décisions jugées illégales par le MAMOT. Les questions du citoyen Alain Laplante étaient fermes mais respectueuses. C’est lors de l’intervention du citoyen Guy Grenier que tout a tourné au vinaigre. Le ton a monté. Monsieur Grenier a affirmé qu’un maire ne pouvait pas être un « cheerleader » mais devait faire du « vrai travail ». Puis, finalement il a tranché en disant au maire : « Monsieur le maire, est-ce que vous allez vous taire ? ».

Sur ce, le maire jugeant monsieur Grenier irrespectueux et impoli à l’égard d’un élu, a ordonné au policier en faction de faire sortir monsieur Grenier. Ce dernier, en s’agrippant à son lutrin refusa de bouger malgré le policier. Il disait qu’il avait encore une question à poser. Finalement, le maire lui a permis de poser sa question après quoi il devait sortir de la salle.

La situation a duré pendant six minutes et demi entre Guy Grenier et le maire Michel Fecteau et a été diffusée sur les ondes de la télévision communautaire du Haut-Richelieu à l’émission Saint-Jean-sur Richelieu le 18 novembre. http ://www.tvhr9.com/tvhr_episode/sjsr-0119-nov18-15/

Je recommande à tous de visionner l’événement (entre 4 minutes 25 secondes et 10 minutes et 43 secondes sur les 29 minutes que dure l’émission).

Pourquoi ? Afin de connaître le comportement de celui que le maire Laplante a choisi comme chef de cabinet à plus de 100 000 $ par année.

De plus, cela illustre le « Paradoxe du maire Alain Laplante » : le seul citoyen éjecté de la salle du conseil en quatre (4) ans pour non-respect du Réglement invoqué par le maire le 22 janvier 2018 a été récompensé.

Myroslaw Smereka
Ex-maire de Saint-Jean-sur-Richelieu

Facebook Comments

Post a comment