Mon père

Dimanche passé le 17 juin, nous avons célébré la fête des pères. Une belle occasion qui revient à tous les ans pour fêter les pères de familles et leur rendre un peu de leur dévouement. L’amour paternel est crucial pour l’épanouissement de l’enfant.

Je garde de très beaux souvenirs de mon père même si je n’ai pas vécu longtemps avec lui. Son travail, dans la gendarmerie libanaise, lui exigeait de longs séjours dans différents coins du pays.  J’avais quitté mon pays à 18 ans et je n’ai revu  mon père que quelques fois dans les années après. Par son exemple, j’ai appris la diplomatie et le savoir-vivre. J’admirais sa façon de communiquer avec les autres et son intégrité. Il m’a encouragée et protégée et son amour et sa confiance m’ont donné des ailes pour suivre mon cheminement en toute sécurité. Mon père n’était pas sévère, il me laissait savoir qu’il a confiance en moi et cela me rendait responsable. Je voulais garder son respect et je faisais tout pour être digne de sa vision qu’il avait de moi.

J’avais 4 ou 5 ans et nous restions dans un village à l’est du Liban et ma gardienne m’a amenée dans sa famille pour le mariage de son frère et elle était supposée de me ramener vers la fin de la journée. Comme elle a manqué de le faire, mon père est venu me chercher à cheval avant la nuit. Mon père était calme et gardait son sang-froid dans les moments stressants.  Il m’a beaucoup inspirée en voyant comment il composait avec les problèmes quotidiens de la vie. Un de mes souvenirs que je garde de lui : j’avais 15 ans et j’étais partie passer quelques jours chez ma tante dans une autre ville et durant cette visite, un jeune homme qui était l’un des amis de ma tante s’est approché de moi durant une promenade dans la campagne et nous avons échangé quelques mots.

Pour vous mettre dans le contexte culturel, (ceci peut représenter un délit grave de ma part, malgré l’innocence et le naturel de cette rencontre), ma tante n’a pas apprécié cela et elle a informé ma mère de l’incident. Alors, quand mes parents sont venus me ramener chez-nous, sur le chemin du retour, ma mère a raconté l’histoire à mon père. Il m’a simplement regardée dans le rétroviseur de l’auto, car j’étais sur la banquette arrière et il conduisait son Opel et il a répondu à ma mère : « Je fais confiance à Fatina ». Quel soulagement !

Je suis éternellement reconnaissante envers mon père pour son esprit ouvert et sa façon humaine et indulgente. Il était un homme cultivé et il a su élever ses enfants sans les opprimer. Mes amies et professeurs pensaient que mon père était un homme sérieux, vu son travail dans la gendarmerie. Mais loin de là. En faisant sa connaissance, mes amies cherchaient sa compagnie, admiraient sons sens de l’humour et trouvaient du plaisir à écouter ses commentaires. Ce n’est pas facile pour un père de montrer son affection, mais cela se sent par plusieurs gestes et regards.

Je n’oublierai pas le jour de mon mariage. Il avait les yeux tristes mais s’efforçait de sourire. Le désarroi dans son regard alors que je quittais à l’aéroport. Je voyais qu’il tenait à être solide pour moi, mais il évitait mon regard et moi de même. Et quand je suis retournée au Liban pour la première fois après mon mariage, je n’oublirai jamais comment il m’a accueillie et sa fierté de voir son petit-fils.

Que le Bon Dieu bénisse l’âme de mon père et celle de tous les pères du monde.

 

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