« Le moment est opportun pour acquérir une entreprise » – Stéphane Rochon

Le capital de développement, autrefois connu sous l’appellation capital de risque, est un levier important pour bon nombre de jeunes entrepreneurs. Stéphane Rochon, associé chez Capital Conseil – Saint-Jean-sur-Richelieu, est un spécialiste qui connaît bien les besoins de la région. Nous lui avons posé quelques questions visant à démystifier ce maillon de la chaîne du développement entrepreneurial.   

 

Dans les grandes lignes, présentez-vous à nos lecteurs…

Je suis Johannais. Je suis un ancien courtier d’assurance de la région, qui est ensuite devenu banquier, notamment chez CIBC et Desjardins. Dans le cadre de ces fonctions, j’ai toujours apprécié la discussion avec les entrepreneurs et ai développé une expertise pour bien cerner les besoins et les possibilités. Ce que je poursuis avec Capital Conseil, alors que j’aide à la fois les entreprises à identifier et mettre en place des solutions de financement optimales et les institutions financières qui recherchent des bons clients.

Capital Conseil a un bureau à Saint-Jean-sur-Richelieu, c’est donc que l’activité y est intéressante…

Oui. La ville a une certaine taille et compte de beaux projets. Il y a eu beaucoup de nouvelles constructions au cours des dernières années, ce qui contribue au tissu économique.

De manière générale, comment qualifiez-vous le contexte actuel du capital de développement?

Le Québec est choyé car il bénéficie de trois fonds fiscalisés en la matière, ce qui crée beaucoup d’opportunités. L’écosystème financier global est tel qu’il permet d’injecter beaucoup de liquidités dans les entreprises. Le moment est opportun pour acquérir une entreprise. Pourquoi ? Parce qu’on retrouve dans le marché autant d’entreprises de cédants, qui cherchent des releveurs, que de nouvelles opportunités offertes par les nouvelles technologies. Il y a présentement des entreprises qui innovent en comblant des besoins qui étaient complètement inconnus il y a cinq ans. On pense, entre autres, aux  animaux, à l’environnement et à la logistique de transport, qui est en plein changement à cause des ventes en ligne.

Et pour la région?

Saint-Jean-sur-Richelieu est au cœur de grands axes routiers que sont la 10, la 15, la 30 et la 35. Ce qui la prédispose favorablement en matière de logistique et de transport. Tous les grands joueurs de cette industrie sont ici, dans la région.

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N FLAIR POUR LE POTENTIEL
DE CROISSANCE 

Quels secteurs d’activités précis intéressent un cabinet comme le vôtre?

Capital Conseil est plutôt généraliste et ne s’implique pas dans certains secteurs précis : restauration rapide, entreprises en démarrage et autres secteurs proscrits par les institutions bancaires, notamment ceux payables au comptant. Le cabinet préfère les entreprises qu’il est possible d’accompagner au fil du temps, qui sont en opération depuis deux ou trois ans, qui ont une empreinte de rentabilité et qui ont un bon potentiel de développement. Notre rôle tient dans le fait d’adresser toutes les facettes du développement et de la rentabilité en étudiant tous les scénarios possibles. Si, en cours de route, le projet n’apparaît plus viable ou s’il n’est plus pour nous, Capital Conseil orientera l’entrepreneur vers les ressources appropriées.

Quelles sont les perspectives pour un entrepreneur dont les produits et services ne font pas partie des grappes identifiées comme « à fort potentiel » par les institutions bancaires?

Notre connaissance du marché permet d’établir assez rapidement un diagnostic. Il se peut qu’un produit soit trop innovant et que personne n’y comprenne rien. Mais, en ce moment, certaines institutions bancaires ont plus d’appétit que d’autres pour l’innovation. Il importe alors de trouver le bon interlocuteur pour le bon entrepreneur. Il peut être trop tôt ou mal adressé, mais il n’y a pas de mauvais projet. Il arrive aussi que pour soutenir l’entrepreneur, une rencontre soit organisée avec un autre chef d’entreprise qui est passé par un processus similaire.

Les institutions financières se targuent de pouvoir trouver une solution à toute demande. C’est vrai? Et si tel est le cas, comment expliquer l’existence de cabinets spécialisés en capital de développement?    

C’est une question d’infrastructure et de gouvernance. Les banques n’ont pas le degré de spécialisation qu’un cabinet peut regrouper. Un directeur de comptes d’une banque gère parfois jusqu’à 250 contacts, le temps manque. Notre groupe est constitué d’ex-comptables agréés et d’ex-banquiers. Nous présentons donc l’information de façon rigoureuse et prête à être consultée. Notre rôle est de faciliter le processus. Avec nous, en tout temps, tous les partenaires, incluant les ressources complémentaires que sont les avocats et notaires, sont présentés de manière professionnelle.

Comment faites-vous connaître vos interventions locales?

À travers les médias sociaux et une infolettre mensuelle, principalement.

Et comment trouvez-vous vos clients? À moins que ce soit le contraire…

Nos clients réfèrent leurs amis entrepreneurs, les institutions financières nous réfèrent des dossiers à approfondir et détailler, tout comme les avocats et notaires.

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