Ma tradition annuelle

Il y a quelque temps, je vous faisais part qu’en ce qui me concerne, sans prétention, vous ne trouveriez pas plus québécois que moi. Tellement fier de mon coin de pays que lors de mes jadis road trips au pays de l’oncle Sam, je n’hésitais jamais à dire d’où je venais. Assez souvent, mes amis américains étaient fiers de me dire les quelques mots de français qu’ils connaissaient, lorsque j’arrivais à déchiffrer ceux-ci, évidemment. Ces road trips étaient pour moi l’occasion d’aller voir mes idoles se produire en spectacle à l’extérieur de notre belle province. Je dois l’admettre, la plupart de mes artistes favoris ne sont pas d’ici. Non pas parce qu’il manque de talent ici au Québec, bien au contraire. C’est bien plutôt que mes goûts sont trop particuliers. 

Cela dit, à chaque année, à l’occasion de la Saint-Jean Baptiste, je dédie cette journée exclusivement aux artistes québécois que j’apprécie. C’est une façon pour moi de rester en contact avec mes origines, ainsi que mes racines. Après tout, Harmonium est LE groupe qui a fait que la musique est devenue pour moi une raison de vivre. Chaque fois que je réécoute le premier album, je retourne dans mon enfance. L’Heptade, leur dernier album, est bien entendu une œuvre magistrale que personne n’a osé copier, mais reste que jamais il ne prendra la place dans mon cœur de leur album éponyme qui contient les « Pour un instant », « Un musicien parmi tant d’autres » ou encore « Vieilles Courroies ».

À l’évidence, il n’y a pas qu’Harmonium. Avec le temps, je me familiarise un peu avec ce qui se fait ici au Québec. Laurence Jalbert est aussi une artiste que j’apprécie parce que son style est unique. Parmi ses chansons que j’apprécie, il y a « Au nom de la raison », sa reprise de « Évidemment » de France Gall, « Encore et Encore » et aussi « Corridor ».   Il s’agit d’une artiste très sous-estimée qui mériterait encore plus de succès. Comme je vous ai aussi mentionné dans le passé, j’aime bien Claude Dubois et Robert Charlebois.

Mais je ne me limite pas seulement à vouloir découvrir les talents québécois. Il y a également les gros événements musicaux québécois du passé qui me fascinent de plus en plus. Par exemple, le fameux spectacle mettant en vedette Robert Charlebois, Gilles Vigneault et Félix Leclerc le 13 août 1974 à Québec lors de la Superfrancofête. Trois monuments de la chanson québécoise réunis sur scène le même soir. Une page marquante dans l’histoire de la musique québécoise sera écrite. Un autre concert légendaire: celui du 23 juin 1976, intitulé « Ok, nous v’la! » pour la Saint-Jean Baptiste où Harmonium, Richard Séguin, Octobre, Beau Dommage, Contraction et Raoul Duguay avaient offert une performance qui restera gravée dans la mémoire des mélomanes québécois. Tout comme Woodstock en 1969, la pluie n’a pas eu raison de la foule qui était pleinement consciente de l’importance de ce qui se déroulait alors sous leurs yeux.

En conclusion, bien que la plupart du temps la musique que j’apprécie le plus n’est pas d’ici, reste que tradition pour moi oblige, la Saint-Jean-Baptiste est un jour dédié à la culture québécoise. Je souhaite même que cette habitude devienne plus régulière…

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