Le vieux tablier

Plusieurs grand-mères faisaient usage du tablier. Nous aussi mais on n’en fait pas le même usage que jadis. L’hiver dernier, l’article suivant* me l’a rappelé. J’ai pris la liberté de le traduire pour vous. Les parenthèses sont de moi.

Le tablier

Nos enfants ignorent sans doute à quoi sert un tablier. Eh bien voici. Le principal usage du tablier de grand’ maman était de protéger la robe qu’elle portait en-dessous car elle n’en avait pas beaucoup. C’était aussi plus facile de laver (et de repasser) les tabliers que les robes ; sans compter que les tabliers prenaient moins de tissu.

Le tablier servait parfois de poignée pour retirer les plats chauds du four. Il était parfait pour sécher les larmes des enfants et même à l’occasion, nettoyer les oreilles sales.

Le tablier servait de plus à rapporter les œufs du poulailler – parfois pour les faire éclore dans le four- quelquefois même on y mettait les poules un peu énervées (le temps qu’elles se calment).

Quand la visite arrivait, ces tabliers étaient la cachette idéale des enfants timides. Et quand le temps était frais, grand’ maman s’en entourait les bras.

Ces grands tabliers ont souvent servi à essuyer la sueur des fronts penchés au-dessus du poêle à bois brûlant. Ils servaient à transporter le petit bois d’allumage et toutes sortes de légumes du jardin. Quand on écossait les petits pois, on pouvait y mettre les écosses. Et en automne, les pommes tombées.

Quand de la visite inattendue entrait dans la cour, vous auriez été surpris de voir combien de meubles ce vieux tablier pouvait essuyer en quelques petites secondes. (J’ajoute qu’on s’empressait de faire disparaître ce tablier pour le remplacer par un plus coquet et bien repassé.)

Quand le dîner était prêt, grand’ maman sortait sur la galerie pour agiter le tablier ; les hommes savaient alors que c’était le temps de sortir du champ pour rentrer manger.

On n’est pas près d’inventer une chose qui pourra remplacer ce bon vieux tablier qui avait tant d’usages.

Note  : je remarque aussi qu’alors que grand’ maman mettait ses gâteaux chauds sur le bord du châssis pour les refroidir, ses petites-filles y mettent les leurs pour les dégeler.

(Une lectrice de la revue commente qu’aujourd’hui, les bonnes âmes chichiteuses deviendraient folles rien qu’à imaginer combien de microbes il y avait sur ce tablier. Elle croit cependant que personne n’a jamais attrapé quoi que ce soit par ce tablier à part de l’amour, seulement de l’amour).

  • The Apron, Fowler Joan, Revue Downhome, décembre 2016

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