La réalité

Nombreux sont les êtres qui se font du tort à eux-mêmes en accordant plus de valeur à leurs opinions ou leurs attitudes à l’égard de la réalité qu’à la réalité elle-même. J’ai le plaisir de partager avec vous cet extrait du livre : Tirez vous-même les ficelles, du Dr Wayne W. Dyer.

L’origine du conflit se situe dans le fait que vous vous attendez à ce que le monde soit tel que vous désirez et vous êtes contrarié parce que les choses ne vont pas dans la direction que vous aviez souhaité. Le conflit se résout de lui-même dès que vous voyez la réalité telle quelle et que vous cessez de vous troubler parce que le monde va à son train.

Un homme dit à l’univers :

«Majesté, j’existe.
Il se peut, répliqua l’univers,
Mais ce fait ne me crée pas
Une obligation envers vous.»

Stephen Crane

Telle est l’essence de la réalité. Le monde ne vous doit pas votre pain quotidien, ni une vie heureuse et plus vous avez d’illusions à cet égard, plus de peine vous aurez à vous les procurer. La réalité est, indépendamment de ce que vous réclamez ou attendez d’elle. Vous ne faites que vous figer dans une attitude absurde si vous vous laissez mener  par l’idée que vous vous faites de ce qu’elle devrait être.

Cela ne veut pas dire que vous ne devriez pas travailler à éliminer l’injustice et à améliorer ce qui vous paraît mauvais dans le monde, car le changement est au cœur du progrès et de la croissance. Mais vous pouvez accepter que ce qui est arrivé ne puisse plus être modifié ; il faut en tirer une leçon mais non vous en désoler. Et ce qui arrive à présent, et sur lequel vous n’avez aucun pouvoir, ne doit pas vous tourmenter ; ne lui accolez pas une étiquette bonne ou mauvaise, constatez simplement que cela est. Les événements que vous prévoyez peuvent arriver ; quand vous pouvez améliorer les choses, mettez-vous au travail mais ne revendiquez pas qu’elles soient autres en vous sentant frustré que tout ne se passe pas à votre gré.

Les gens qui pestent tout le temps contre la réalité se condamnent à mener une vie gâchée par la colère et la frustration, sentiments absolument absurdes en l’occurrence. Voici le genre de phrases qu’ils répètent à longueur de journée et qui leur font mal :

« Cela ne devrait pas se passer comme ça ! »

Vous vous faites du mal en disant cela, parce que vous vous laissez envahir par l’indignation et le découragement. Plus vous êtes perturbé, plus les chaînes de névrose se resserrent sur vous. Dites plutôt : « Voici ce qui m’arrive ; je vais faire mon possible pour que cela ne se renouvelle pas. »

« Le monde est vraiment cruel. »

Les gens qui jugent ainsi le monde, au lieu de l’accepter tel qu’il est, ignorent que ce n’est pas  le monde en lui-même qui est cruel. Je le répète,  il est. L’épithète « cruel » lui est collée par les humains qui le blâment de n’être pas conforme à leurs désirs. Vous pouvez lui décerner toute les appellations péjoratives que votre imagination vous fournira et vous en faire une montagne de soucis, le monde continuera à être ce qu’il est. Pensez plutôt, et ce sera infiniment plus réaliste : il y a dans le monde des réalités que je voudrais essayer de m’y résigner, puisque mon attente à cet égard serait éternellement déçue et que j’en souffre inutilement.

 

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