La haine virtuelle

Bien au-delà des « affaires » qui agitent le monde, le cas Trump et ses idées farfelues,  la situation dans les centres hospitaliers,  le salaire faramineux des médecins, le sort réservé aux aînés, la drogue meurtrière,  la liberté d’importuner et tant d’autres histoires auxquelles on adhère ou pas suivant le moment, notre vécu. Ce qui me fait réagir et ce qui me terrifie, ce sont bien les torrents de haine contenus dans les échanges. Une haine gratuite pure et surtout anonyme. On se trucide via les réseaux sociaux et cela j’ai du mal à le comprendre. Et surtout à l’assimiler. Comment et pourquoi on s’est laissé envahir par elle ? Elle, cette haine de l’autre qu’on ne connaît pas. L’autre qui ne fait finalement qu’exprimer un avis contraire au nôtre. Qui excite tellement de rancœurs, de non-dits, de frustrations. La haine qui se trompe de cible, qui se pose là où elle ne doit pas alors que tant de guerres, d’injustices et de viols parcourent le monde. Des enfants qui meurent sous les bombes, de faim, de froid et d’indifférence? Cette Haine. D’où vient-elle ? Comment elle est née? Ferait-elle partie intrinsèque de nos gènes ou nous a-t-elle été inoculée ? La Haine. Si humaine et si prévisible. J’en parle dans tous les sens. Elle me dévie de ma trajectoire. Et pourtant, depuis déjà si longtemps on nous fait méditer, aimer l’autre, prier, nous calmer, apprendre à nous recentrer, nous ressourcer, affronter nos peurs, adoucir nos colères, craindre nos karmas. Depuis quand le dérapage? Je suis tous les jours écartelée entre les paroles zen et les paroles haine. Et dans cet écartèlement de tous les instants, une énorme victime : l’équilibre.

Fatina

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