Hausse des tarifs des chaînes sportives : deux gestionnaires de bar font le point

C’est maintenant une réalité : plus d’un an après ceux du reste du Canada, les restaurateurs et propriétaires de bar du Québec viennent d’encaisser le choc de la hausse tarifaire des abonnements commerciaux aux chaînes sportives, hausses qui sont pour la plupart entrées en vigueur au cours du mois de juillet et du début d’août. Deux propriétaires de Saint-Jean-sur-Richelieu nous parlent de ce changement.

Rappel des faits : si avant les exploitants payaient un tarif unique pour avoir accès à ces chaînes télévisuelles, ils doivent dorénavant payer un tarif fixe calculé en fonction du nombre de places dans le restaurant ou le bar, ce qui représente des milliers de dollars par année pour de nombreux établissements.

Pour justifier cette hausse, les câblodiffuseurs citent les droits de diffusions des matchs en constante augmentation, concurrence oblige, et la volonté des chaînes d’amortir leur investissement. Les câblodistributeurs tels Bell, Vidéotron et Rogers arguent être dans l’obligation de se conformer à ce nouveau modèle d’affaires.

On débranche

Premier propriétaire à répondre à nos questions. Jean-Philippe Bouchard, du bar Chez Morse, situé à Saint-Jean-sur-Richelieu.

« Après avoir été mis au courant de cette hausse, j’en ai discuté avec plusieurs autres propriétaires de bar. Le constat était unanime : personne n’avait les moyens de payer ces frais. De plus, dans une perspective où les clients ne se déplacent pas dans les bars pour regarder un match, ça ne valait pas la peine ».

Pour Chez Morse, la facture mensuelle avant hausse se chiffrait à 245 $, incluant internet, téléphonie cellulaire et télévision.

La nouvelle facture serait aujourd’hui à plus de 700 $ par mois, en rapport avec la capacité d’accueil reconnue de 89 personnes.

« Le pire dans ce calcul est que selon l’aménagement actuel des lieux, pas plus de 25 clients peuvent regarder le match », note M. Bouchard.

Résultat : Chez Morse s’est débranché des chaînes télévisuelles. Et plus encore. M. Bouchard à ce sujet : « Je me suis complètement débranché du service de télédistribution. Je n’étais câblé que pour ces chaînes sportives, alors, si je ne peux plus les avoir, pas besoin d’être branché ».

Constat similaire du côté de Billard O’Tips, également sis à Saint-Jean-sur-Richelieu. Son administrateur, Yan Daudelin, a ainsi commenté la situation : « J’ai choisi de ne pas payer cette hausse. Pour le Resto-bar Margarita, dont je suis aussi gestionnaire, j’ai tout coupé. Pour Billard O’Tips, j’ai opté pour plutôt diffuser les parties retransmises par CBC à l’émission Hockey night in Canada. Je souhaite qu’ils revoient leur décision ».

Apparence de cartel ?

À noter, Jean-Philippe Bouchard a déposé une plainte au Bureau de la concurrence pour dénoncer ce qu’il considère comme une situation de cartel. « Les trois chaînes concurrentes que sont Sports Net, RDS et TVA Sports ont toutes trois demandé une hausse des tarifs en même temps et dans la même lettre. C’est déloyal. J’attends une réponse à ce sujet ».

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