Élections municipales : entrevue avec le candidat Alain Laplante

En novembre prochain, Alain Laplante et son équipe brigueront les suffrages de la mairie de St-Jean-sur-Richelieu. Loin de simplement vouloir reprendre le flambeau, l’ex-conseiller municipal propose une vision globale du développement de la ville. Entrevue.

Si vous êtes élu maire en novembre prochain, quelle sera votre première priorité?

L’amélioration de la qualité de vie des citoyens. Pour ce faire, il faut d’abord et avant un tout une administration qui soit à l’écoute des Johannais, de leurs besoins, de leurs valeurs et de leurs priorités. Le tout dans le but de bonifier l’offre de services à la population.

Plus précisément, cette bonification passe par quel canal?

Par plusieurs canaux. La réduction de la vitesse de circulation dans nos rues. C’est la principale cause de plaintes, les gens dénoncent un grave problème de vitesse dans les quartiers résidentiels. L’Équipe Alain Laplante propose donc un plan global, incluant une limite de vitesse à 40 km/heure dans les rues résidentielles, une campagne municipale de sensibilisation visant la population en général, des nouveaux aménagements susceptibles de valoriser la marche et le vélo, de même qu’une meilleure surveillance policière. Il y a aussi plusieurs problèmes de bruit qu’il faut régler. On pense, entre autres, à l’aéroport et au Club de tir à L’Acadie. Il faut aussi cesser de couper les boisés et de voir au problème de déversement des eaux usées des égouts dans la rivière. La qualité de vie, c’est aussi protéger les acquis des propriétaires vivant dans le secteur du club de golf, pour lequel les promoteurs de développement résidentiel n’attendent qu’un changement de zonage pour lancer des chantiers. Les infrastructures sportives et les centres d’hébergement pour aînés ont aussi besoin d’aide.

L’aménagement et la gestion sont donc vos priorités.

Absolument. Tout est une question de rigueur. Je désire mieux gérer les finances municipales, éliminer les dépenses inutiles, telles que les dépenses d’avocat, de consultants externes et de firmes d’ingénierie qui coûtent très cher à la Ville. L’objectif : pouvoir ensuite réinvestir dans l’offre de services aux citoyens.

Vous avez déjà identifié des projets?

Oui, L’Équipe Alain Laplante promet, entre autres, l’aménagement de deux terrains de soccer synthétiques, de nouveaux terrains de baseball, d’un centre de curling, l’agrandissement du pavillon Mille-Roches à Iberville.

DÉVELOPPER EN PLEINE CONNAISSANCE DE CAUSE     

En quoi votre expérience politique peut-elle faire la différence pour les Johannais?

En tant que conseiller, j’estime qu’il a fallu deux ans pour bien comprendre l’appareil municipal dans toutes ses ramifications et ses dynamiques, notamment avec les différents paliers de gouvernement, la population, les autres conseillers, les syndicats, etc. Il est impossible de croire qu’il suffit d’être élu pour tout comprendre. La preuve : Michel Fecteau est arrivé à la mairie sans aucune expérience de politique municipale. Il a aussitôt été avalé par la machine, et il y a eu très peu de changement dans la direction de la ville. Il faut mettre fin au climat de confrontation, d’intimidation, et à l’omerta entourant les décisions prises en secret. Il faut prendre des décisions avec les citoyens, en établissant un réel dialogue. C’est ainsi que St-Jean-sur-Richelieu deviendra une meilleure ville.

Il y a quelques mois, le chef de la CAQ, François Legault, est venu scander que St-Jean-sur-Richelieu ne recevait pas sa juste part d’investissements de la part des grands fonds, tels que Investissement-Québec. Mais, ces fonds investissent selon des politiques établies, notamment en matière de grappes industrielles et de secteurs à fort potentiel, qui sont peut-être présents ou naissants ici, mais pas assez significatifs. Croyez-vous que St-Jean soit un terreau fertile pour ce type d’investissement?

Il faut effectivement que la ville se démarque et travaille davantage ses dossiers pour aller chercher sa part du gâteau. On parle des investissements, oui, mais on note aussi que les services gouvernementaux n’ont pas le réflexe de venir s’installer ici. St-Jean est portant bien située, et je ne connais aucune raison pour que la ville ne soit pas un chef-lieu de la Montérégie.

À St-Jean-sur-Richelieu, le dossier patate chaude que les élus se passent depuis longtemps est celui du stationnement au centre-ville. Votre opinion à ce sujet…

Il faut certainement bonifier l’offre. Il faut aussi la rendre gratuite. Deux stratégies qui visent à générer davantage d’affluence dans ce secteur. Nous proposons donc la gratuité, tout en conservant la formule de temps alloué. La Ville a déjà signé des ententes de stationnement avec des entreprises et la Caisse populaire Desjardins pour réserver des espaces à leurs employés pour toute la journée. C’est une erreur. Il faut assurer une rotation.

ÉCONOMIE ET SOCIÉTÉ

En septembre dernier, un de vos concurrents, Claude Bachand, a dévoilé une étude de Statistique Canada témoignant de la précarité économique de la population johannaise. Vos commentaires?

Effectivement, le salaire médian ne semble pas très élevé. D’où la nécessité de développer l’économie et de créer des emplois ici. Les gens qui travaillent à l’extérieur sont plus susceptibles de consommer à l’extérieur. Il faut cesser de développer St-Jean comme une banlieue et mettre en œuvre un plan pour créer des emplois bien payés.

Mais, ces emplois demandent presque toujours une certaine formation technique. Si la population n’a pas accès à ces formations, tout cela demeure de la pensée magique, non?

Absolument. Et il faut agir à la source, notamment en contrant le décrochage scolaire. Les différentes instances économiques et de développement doivent aussi supporter les entreprises dans ces processus de formation des employés.

Selon vous, quels sont les besoins du secteur communautaire?

Le logement social, qui a besoin de rénover ceux existant et d’en ajouter de nouveaux, et la lutte contre la pauvreté, qui a besoin du soutien offert aux différents organismes d’aide de première ligne, qui sont deux de nos priorités. En s’appuyant sur les entreprises établies et les nouveaux entrepreneurs, nous croyons qu’il est possible de développer davantage l’économie d’ici. En ce sens, il faut faciliter le processus. On entend souvent qu’il n’est actuellement pas facile de démarrer une entreprise à St-Jean-sur-Richelieu…

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