Comment sont les gens ?

Décembre est déjà arrivé et la fin d’année s’en vient vite. Pour les Fêtes, je serai au Liban dans mon pays où l’hiver est un peu moins froid. Je m’ennuie déjà de la belle neige au Québec et je vous souhaite à tous de joyeuses Fêtes et des moments agréables en famille.

Je voudrais partager avec vous ces deux beaux textes sur la nature humaine. Bonne lecture !

Il était une fois un vieil homme assis à l’entrée d’une ville du Moyen-Orient.

Un jeune homme s’approcha et lui dit : 

– Je ne suis jamais venu ici ; comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?

Le vieil homme lui répondit par une question : 

– Comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ? 

– Égoïstes et méchants. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’étais bien content de partir, dit le jeune homme.

Le vieillard répondit : 

– Tu trouveras les mêmes gens ici.

Un peu plus tard, un autre jeune homme s’approcha et lui posa exactement la même question. 

– Je viens d’arriver dans la région ; comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?

Le vieil homme répondit de même : 

– Dis-moi, mon garçon, comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ? 

– Ils étaient bons et accueillants, honnêtes ; j’y avais de bons amis ; j’ai eu beaucoup de mal à la quitter, répondit le jeune homme. 

– Tu trouveras les mêmes ici, répondit le vieil homme.

Un marchand qui faisait boire ses chameaux non loin de là avait entendu les deux conversations. Dès que le deuxième jeune homme se fut éloigné, il s’adressa au
vieillard sur un ton de reproche : 

– Comment peux-tu donner deux réponses complètement différentes à la même question posée par deux personnes ? 

– Celui qui ouvre son cœur change aussi son regard sur les autres, répondit le vieillard. Chacun  porte son univers dans son cœur.

Anonyme


Accueillir notre humanité

La prise de conscience que nous appartenons à une humanité
commune, et que cette appartenance est plus fondamentale que tout autre appartenance, a changé beaucoup de mes attitudes et ma vision de l’être humain. Elle m’a aidé à me libérer de compulsions égocentriques et de blessures intérieures, m’a incité à mieux accueillir ceux qui sont différents, les « étrangers », et même ceux qui nous agressent, les « ennemis ». Passer de l’égoïsme à l’amour,
de l’esclavage à la liberté, de
l’enfermement sur soi à l’ouverture aux autres, c’est grandir ; c’est le chemin vers la pleine
maturité humaine.

Nous sommes tous appelés à la libération du cœur, à nous ouvrir aux autres et à découvrir ce qui fait le fond de notre être, notre humanité commune. Mais cette libération est un long cheminement, depuis l’angoisse et l’enfermement sur nous-mêmes, où nous nous sentons coupés des autres, jusqu’à un amour plénier qui nous transforme et nous permet d’aider les autres à se transformer. Ce cheminement, nous ne pouvons l’accomplir seuls. Il implique que nous appartenions, à un moment ou un autre, à un groupe ouvert qui aide chacun à vivre un dialogue harmonieux avec les autres, à l’intérieur comme à l’extérieur du groupe. […]

On peut s’étonner que les faibles et les exclus puissent être des maîtres en humanité, mais c’est la vérité que je découvre en vivant avec eux.

Jean Vanier,
Accueillir notre humanité, Ed. Presses de la Renaissance

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