Cannabis : les mesures proposées par Québec protègeront la santé de la population, selon le CQTS

Le Conseil québécois sur le tabac et la santé (CQTS) s’est réjoui des mesures législatives déposées à l’Assemblée nationale qui visent à encadrer la légalisation du cannabis. Le CQTS apprécie notamment que le projet de loi 157 souhaite interdire de fumer du cannabis dans les mêmes lieux qui s’appliquent à la consommation de tabac, limiter au départ le nombre de points de vente de cannabis et empêcher la culture de cannabis à domicile.

« Ces mesures sont particulièrement importantes pour diminuer le risque que représente la légalisation du cannabis auprès des jeunes, des jeunes adultes et des fumeurs de tabac, puisque l’on retrouve de trois à quatre fois plus de consommateurs de cannabis chez les fumeurs de tabac que chez les non-fumeurs », a déclaré par voie de communiqué Marc Drolet, directeur général du CQTS.

« L’engagement du gouvernement de créer le Fonds de prévention et de recherche en matière de cannabis et d’y allouer un financement adéquat sera d’une grande utilité pour restreindre, notamment chez les fumeurs, les effets négatifs que pourrait engendrer la légalisation du cannabis », ajoute M. Drolet.

« Un enjeu très préoccupant »

Le cannabis est la drogue illégale la plus consommée par les Québécois : 15 % de la population de 15 ans et plus, de même que 38 % des 15-24 ans en fument au cours d’une année selon les plus récentes données.

Les liens étroits entre la consommation de cannabis et de tabac sont très préoccupants, toujours selon le CQTS. Tout comme le tabac, le cannabis est un produit fumé et les fumeurs de cannabis ajoutent régulièrement du tabac dans leurs joints. Les fumeurs de tabac et de cannabis sont ainsi plus portés à consommer l’une et l’autre de ces substances.

Au Québec, 30 % des fumeurs réguliers de cigarettes et 40 % des fumeurs occasionnels consomment du cannabis, alors que cette proportion est de 10 % chez les non-fumeurs de tabac. De plus, une enquête réalisée en 2013 auprès des élèves québécois du secondaire démontrait que 23 % d’entre eux avaient consommé du cannabis au cours des 12 mois précédents, soit presque un jeune sur quatre. Des recherches plus approfondies pourraient établir que, chez les jeunes, le cannabis est fumé autant que le tabac, sinon plus, selon le CQTS.

Dans la perspective où le gouvernement du Québec doit tout faire pour légaliser la consommation du cannabis sans la banaliser, il aurait été préférable, en terme de santé publique, que le projet de loi établisse à 21 ans plutôt que 18 ans l’âge minimum requis pour acheter cette drogue étant donné les risques d’affecter la santé mentale des jeunes adultes. Dans le contexte de l’adoption du prochain Plan québécois de lutte contre le tabagisme, l’âge légal pour acheter du tabac aurait pu être fixé à 21 ans de manière à s’harmoniser à la réglementation sur le cannabis et réduire les effets du tabagisme chez les plus jeunes.

Le CQTS croit que les leçons apprises dans la lutte contre le tabagisme peuvent bénéficier à la lutte contre le cannabisme et que la société a tout avantage à profiter de ce savoir-faire. L’organisme souhaite que les gouvernements et l’ensemble des intervenants concernés priorisent la santé et la sécurité de la population en accordant une attention particulière aux enfants, adolescents et jeunes adultes pour les empêcher de consommer du cannabis ou retarder le plus possible ce comportement à risques.

 

Facebook Comments

Post a comment