Bien heureux les oiseaux qui ont un nid

Le temps est coloré.  C’est que l’automne est installé. Les feuilles abandonnent les arbres, condamnées à l’hiver qui ne saurait tarder à arriver. 

Les samedis matin d’octobre, on fouille  le Marché public du Vieux-Saint-Jean.  Sous l’auvent du Musée du Haut-Richelieu, les tables sont, elles aussi, colorées. Bras chargés de provisions, nous retournons à la maison.

Dans la cuisine, on popote et on placote autour d’un potage aux poireaux. Et les tartes à la citrouille embaument le nid.

Dehors, on racle les feuilles, on coupe du bois. Certains font un feu de joie, histoire de brûler ce qu’il reste de l’été.

Puis, on lave et fait briller les carreaux. Car, très bientôt, ils seront décorés de neige. Oui, d’ici quelques semaines, notre foyer se couvrira de givre.

D’ici là, nous préparons notre nid. Certes, certaines espèces, celles qui sont allergiques aux glaçons, déserteront la région durant l’hiver. Oui, certains oiseaux voleront vers une chaude destination. Pour un instant seulement, ils trouveront demeure dans une autre saison.

Bientôt, nous nous terrerons dans notre maison. On sortira moins, on passera moins de temps chez les voisins.  C’est que le temps froid impose un certain repli sur soi. Puis, il y aura des soirées bercées de solitude. Emmitouflé sur le canapé, on observera vaguement ce qui se passe derrière l’écran de la télévision, en maugréant contre la pluie et le froid. Comme  à chaque semaine, le bulletin de nouvelles nous montrera des images d’oiseaux condamnés à l’exil. Des oiseaux sans nid.

On n’aura d’autre choix que de reconnaître la grâce que nous avons, celle d’habiter un endroit où les oiseaux ont un nid pour dormir et se mettre à l’abri, et ce, beau temps, mauvais temps. Et l’automne nous semblera réconfortant.

Oui, quelle chance nous avons !

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