Aznavour : Disparition d’un doux rebelle

Charles Aznavour. A-t-il vraiment besoin de présentation ? Ce grand chanteur qui a connu une carrière plus que respectable vient à peine de nous quitter qu’il est déjà entré dans la légende. À bien y penser, il était une légende vivante et ce, bien avant sa disparition. Bien qu’ici on soit plutôt loin de mon style de musique personnel, reste que dans ce cas-ci, lorsque je pense à cet artiste, pour moi, c’est « Monsieur Aznavour », au même titre que Sir Paul McCartney ou Sir Elton John.

Que dire de ce gentleman qui a été découvert à l’origine par Edith Piaf (autre monument de la chanson française) ? L’auteur de grands succès tels que « La Bohème », « For me Formidable » et « Que c’est triste Venise » a passé près de sept décennies à traverser le globe en interprétant ses plus grands succès sans s’essouffler. Il aurait même été raisonnable de croire que ce géant de la chanson française était immortel. Pas trop mal pour un artiste qui est passé à deux doigts de tout laisser tomber avant que la gloire se pointe enfin dans sa direction. La preuve qu’il ne faut jamais abandonner ses rêves. Sa simplicité et son humilité sont toutes aussi légendaires que sa musique. Notre belle région a eu même l’honneur d’avoir sa visite lors de l’International des Montgolfières en 2013. Un spectacle mémorable pour ceux qui y ont assisté, rien de moins.

La qualité des textes de ses chansons font aussi partie de son succès. Nul doute que M. Aznavour avait beaucoup de belles choses à dire. Je pense entre autres à son grand classique « Hier Encore » dans lequel il dit ceci : « Hier encore, j’avais vingt ans. Je gaspillais le temps en croyant l’arrêter, même le devancer. Je n’ai fait que courir et me suis essoufflé. » De belles phrases qui font réfléchir qui veut bien l’entendre. Sur scène, Charles Aznavour possédait un charisme que bien peu de chanteurs peuvent se vanter d’avoir. M. Aznavour a fait les choses à sa manière, sans copier personne. Comme le dit l’expression anglaise : « what you see is what you get ».

À messieurs Lennon, Jones, Morrison, Van Zant et mesdames Cass, Joplin et compagnie, je vous demande de sortir le tapis rouge pour accueillir l’un des premiers de votre catégorie à avoir pavé la route pour vous, celui que j’aime appeler le « Doux Rebelle ». Il pourra, j’en suis certain, vous montrer quelques trucs.

French-Armenian singer Charles Aznavour performs during a concert organized by the International Organisation of Francophone countries at the United Nations Offices in Geneva on March 13, 2018.
The concert was held ahead of the 17th Summit of Francophone countries that will be held in the Armenian capital of Yerevan. / AFP PHOTO / Fabrice COFFRINI

Facebook Comments

Post a comment