« St-Jean est à une période charnière de son développement » – Sophie Latour

La Ville de St-Jean-sur-Richelieu vient de revoir son organigramme en termes de développement économique en fusionnant deux entités à l’interne. Sophie Latour, actuelle coordonnatrice au développement économique, visée par les changements, se voit promue à de nouvelles fonctions. Une occasion privilégiée de faire le point sur la situation en questions.

Mme Latour, parlez-nous de votre parcours professionnel, si vous le voulez bien…

J’ai étudié en Administration des affaires à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM au début des années 90. Je suis ensuite partie pour Hull, où j’ai travaillé pour Tourisme Outaouais à titre d’agente de promotion. Puis, je suis revenue à Montréal pour œuvrer au sein de l’Association des camps du Québec, toujours en tant qu’agent de promotion. La combinaison de ces expériences, permettant toutes deux des collaborations étroites avec des entreprises, m’a donné le goût de me diriger vers le développement économique. Je suis entrée au CLD Au Cœur de la Montérégie en tant que conseillère aux entreprises pour ensuite gravir les échelons jusqu’au poste de directrice générale. Lorsqu’une opportunité s’est présentée à l’Office du tourisme à St-Jean-sur-Richelieu, ville où j’habitais déjà depuis plusieurs années, j’ai sauté sur l’occasion. J’ai ensuite rejoint l’équipe de la Ville de St-Jean-sur-Richelieu en 2012, où j’ai instauré le service de développement commercial qui n’existait pas et monté une petite équipe.

La Ville vient d’annoncer la fusion de deux entités. Pouvez-vous en définir les termes ?

Certainement. Le Service de l’urbanisme changera de nom pour devenir le Service de l’urbanisme, de l’environnement et du développement économique, et sera toujours dirigé par son directeur actuel, Luc Castonguay. Pour ma part, je me vois confié le titre de chef de la Division développement commercial et service aux entreprises. La mise en commun de ces ressources et de cette expertise permettra aussi le développement de projets en collaboration avec la Division environnement et développement durable. La Division planification et la Division permis, inspections et plaintes complètent l’organigramme du service. Francine Van Winden, Linda Bonneau et Vasyl Gontar sont respectivement les chefs de ces divisions.

Pourquoi était-ce le choix à faire ?

Pour regrouper les forces et éviter les dédoublements. Nous travaillions déjà tous en étroite collaboration. Par exemple, le service de cartographie qui existe déjà n’allait pas être dédoublé. L’objectif est vraiment de mieux répondre aux besoins des entreprises et des investisseurs. Les investisseurs et les gens d’affaires qui se présenteront retrouveront tous les intervenants complémentaires dans un même lieu, via une seule porte d’entrée. Le service client en sortira réellement optimisé.

Vous êtes promue à un nouveau poste. Concrètement, de quoi est-il question ?

Les changements seront, somme toute, assez minimes dans mon cas. En rapport avec la façon de travailler et les types d’interventions menées au cours des dernières années, la création officielle de cette division s’imposait d’elle-même. Si on retourne seulement quelques années en arrière, on constate que cette dimension commerciale au sein de la Ville est nouvelle. Il n’y avait alors aucune planification de développement commercial, aucune activité de démarchage, peu ou pas de services. L’établissement de la division vient marquer et officialiser la proactivité de la Ville à cet égard.

Depuis les deux ou trois dernières années, on parle de plus en plus du « réveil », du repositionnement de St-Jean-sur-Richelieu à l’échelle régionale et québécoise. Certains événements ont prouvé la volonté de travailler ensemble de la gent d’affaires et le désir de renouveau de la population. Votre opinion sur le sujet…

St-Jean-sur-Richelieu est à une période charnière de son développement. La Ville actuelle est issue des fusions municipales de 2001. Cela a nécessité des arrimages, des projets rassembleurs. Et cela explique probablement aussi ce qu’on observe aujourd’hui. Et ce que l’on verra dans le futur, car il y a plusieurs beaux projets commerciaux, industriels et résidentiels en gestation. Cela permet d’inscrire St-Jean-sur-Richelieu dans le grand marché de Montréal, de lui conférer à juste titre le statut de capitale régionale, et ce tout en conservant l’identité de la ville. Avec une démographie se rapprochant du cap des 100 000 résidents, il est temps que St-Jean-sur-Richelieu prenne sa juste place. Le projet de revitalisation du Vieux-St-Jean ramène aussi un sentiment de fierté, tout comme les célébrations du 350e anniversaire. On sent actuellement la rénovation, la réappropriation.

Plusieurs politiciens et intervenants économiques ont récemment avancé que St-Jean-sur-Richelieu ne recevrait pas sa juste part d’investissements de la part des instances telles qu’Investissement Québec. Comme on le sait, ces grands fonds investissent dans des entreprises rattachées à des secteurs identifiés comme porteurs. Croyez-vous que ce soit parce la ville ne compte pas assez de PME appartenant à ces grappes ?

Au niveau industriel, Conseil Économique revoit présentement sa mission pour travailler davantage sur certains créneaux et soutenir nos entreprises. Le territoire compte aussi plusieurs petits joyaux. Je crois qu’il manque seulement quelques opportunités pour faire en sorte que ces grands bailleurs de fonds puissent investir dans plus d’entreprises. Mais, Investissement Québec est déjà quand même présent ici.

On évoque la venue prochaine de nouvelles entreprises, mais les infrastructures et bâtiments actuels disponibles sont-ils en mesure de les accommoder, de respecter les nouvelles normes en vigueur ?

Tous les terrains industriels disponibles dans les parcs d’Iberville et de St-Luc sont desservis en termes d’infrastructures. Bien sûr, certains bâtiments vieillots ne répondent plus aux normes actuelles, notamment en termes de hauteur, mais il y a beaucoup de place pour les nouvelles constructions.

Les trois projets ou dossiers les plus importants pour la Ville ?

Le projet de revitalisation du Vieux-St-Jean, bien sûr. Le projet de parc industriel régional, également. Et, je dirais, une stratégie de création et de rétention d’une offre commerciale intéressante. La mission de la Ville est et demeure d’être un agent facilitateur dans la réalisation de projets de développement économique.

 

Sophie Latour, nouvelle chef de la Division développement commercial et service aux entreprises de la Ville de St-Jean-sur-Richelieu.

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